Impliquer les Algériens installés à l’étranger dans les logements promotionnels publics (LPP) constitue une opportunité, considère Lotfi Ramdani, propriétaire du site web Lkeria.com, spécialisé dans l’immobilier et le logement.

Autrement dit, « ne pas saisir l’opportunité de canaliser l’épargne de nos ressortissants à l’étranger sur des produits locaux, et ainsi exporter nos logements, équivaut à priver notre pays d’une ressource abondante en devises », fait remarquer M. Ramdani, en estimant que cette filière pourrait rapporter « 10 milliards de dollars au pays en deux ans ».
La démarche préconisée par Lkeria.com pour « récolter » cette somme, dans le cadre du dispositif Logement promotionnel pour les non-résidents (LPNR) est la suivante : « Cette formule peut être lancée rapidement en orientant les 100 000 logements de la formule LPP restants, dont le financement est disponible et qui n’ont pas trouvé preneurs, pour les destiner à nos ressortissants établis à l’étranger. Pour un prix du logement variant entre 8 et 10 millions de dinars, un logement de cette formule coûtera dans les 100 000 dollars l’unité, ce qui représente une entrée en devises de près de 10 milliards de dollars, qui seront payés en 2016 et 2017, avec un apport immédiat d’un milliard de dollars avec le règlement de la première tranche. » Cette formule exige des conditions d’accès, estime M. Ramdani, tout en appelant à « simplifier » la procédure dans ce sens. Il précisera que ce sera le revenu du demandeur de logement qui conditionnera le taux de la bonification du crédit bancaire, sans, toutefois, être une condition d’éligibilité au logement.
Dans un autre registre et pour ce qui est de l’immobilier en Algérie, objet de la rencontre d’hier, il faut dire que l’activité des agences immobilières connaît une crise complexe à plusieurs niveaux, selon le constat fait. Mohamed Hamdouche, propriétaire d’une agence immobilière à Alger, le confirme et se plaint, par exemple, des honoraires qui « ne sont pas payés par les particuliers ». Il soulignera que « l’agent immobilier a droit, dans le cadre de l’exercice de sa profession, à une rémunération». M. Hamdouche précisera que « le mode de calcul et la répartition des honoraires et la commission des agents immobiliers en Algérie sont fixés par le décret exécutif n° 09-18 du 20 janvier 2009, modifié et complété ». Aussi, la problématique de la spéculation pratiquée par les courtiers pour faire augmenter les prix, couplée à la « gourmandise » affichée par certains propriétaires, constitue l’une des raisons principales de la stagnation du marché de l’immobilier. « Cette stagnation est causée en grande partie par les intermédiaires illégaux.
Ces derniers proposent aux propriétaires de vendre leurs appartements à des prix plus élevés que ceux des agences. Forcément, certains propriétaires tombent dans le panneau», dénonce-t-il. Pour sa part, Toufik Zerbout, lui aussi agent immobilier, étalera d’autres difficultés, notamment administratives. Il indiquera que « la majorité des agents immobiliers ont du mal à accéder à certains documents administratifs».