Par Nadir Kadi
Le professeur Abdelbassat Ketfi, à la tête du service de pneumologie à l’hôpital de Rouiba, a révélé hier sur les ondes de la radio de Sétif, que près de «80% des 3 000 morts du cancer des poumons» sont imputables au tabagisme et à la cigarette. Le responsable, qui est également président de la Société algérienne de tabacologie, et qui intervenait hier à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le tabagisme, a expliqué que la gravité du cancer des poumons était multiplié par les retards de diagnostic : «La dangerosité de ce type de cancer est l’absence de symptômes dans les premières phases (…) à cause du retard du dépistage et du traitement, seul 20% des opérations réussissent». Des opérations lourdes, qui offrent en moyenne aux malades une espérance de vie supplémentaire de 5 ans.
Rappelant à ce titre que la cigarette contenait près de «7 000 substances chimiques dont 70 cancérigènes», le professeur Abdelbassat Ketfi ajoute que la proportion des fumeurs en Algérie est de 16,5% de la population «selon une étude du ministère de la Santé» avec une écrasante majorité d’hommes, seul «0,4% des fumeurs sont de femmes». Responsable qui explique toutefois que 60% de fumeurs tentent d’arrêter de fumer au travers des suivis médicaux par les 54 centres spécialisés dans le traitement des fumeurs. Il est par ailleurs signalé que l’évolution des habitudes de consommation de tabac a connu de profonds bouleversements. Ainsi la «chicha» serait de plus en plus répandue avec près de 4% de consommateurs réguliers en Algérie. Ce «produit» serait toutefois particulièrement nocif pour la santé : «La chicha est devenue un phénomène de société dangereux (…) Tout consommateur régulier est menacé en quelques années de voir le développement de cancer du foie, du système respiratoire et urinaire» ou encore de «maladie cardiaques et d’impuissance». En ce sens, et bien que le professeur A. Ketfi reconnaît que la hausse du prix du tabac n’a eu qu’un aspect limité sur la consommation global, «il a été enregistré une petite baisse de la proportion des fumeurs suite à la dernière hausse des prix de la cigarette et de campagnes de sensibilisation», il a demandé hier au gouvernement d’instaurer une nouvelle hausse des prix des cigarettes, mais surtout d’augmenter les contrôles de l’interdiction de fumer dans les espaces publics.