Le gouvernement a pris en compte les données épidémiologiques réelles pour prendre des décisions concernant la levée totale du confinement dans certaines wilayas, ainsi que l’application d’un confinement partiel à domicile ou sa prorogation dans d’autres.

PAR INES DALI
C’est ainsi que se sont exprimés les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus (Covid-19) suite à l’annonce, jeudi dernier, par les services du Premier ministère, des dernières mesures concernant le confinement.
Ce sont les chiffres constatés tout au long de la dernière période de confinement, qui a expiré vendredi, qui ont dicté les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement. «Si la levée totale du confinement a été retenue dans quatre wilayas, à savoir Saïda, Illizi, Tamanrasset et Tindouf, c’est parce qu’aucun nouveau cas de contamination n’a été recensé. Le taux de contamination est inférieur à un cas», a expliqué le professeur Ryad Mehyaoui, membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Le gouvernement a, donc, pris en compte «les chiffres qui reflètent la réalité du terrain qui ont démontré qu’il y a des wilayas qui sont plus touchées que d’autres, ce qui nécessite des mesures en adéquation avec ce constat», pour paraphraser Dr Mohamed Bekkat Berkani, également membre du Comité scientifique, sachant que le nombre de contaminations communiqué quotidiennement met en évidence la stabilisation de celui-ci à un niveau très souvent proche des 200 cas par jour et un nombre de décès évoluant à moins de 10 cas par jour. Ce sont des chiffres recensés durant l’intervalle allant du 11 mai et 26 mai 2020, selon le communiqué du Premier ministre. Pour le Pr Ryad Mehyaoui, «la levée totale du confinement dans les wilayas susmentionnées constitue un exemple pour les autres wilayas, afin de les inciter à faire des efforts, elles aussi, pour arriver au même degré de réduction de circulation de la Covid-19 et espérer avoir une levée du confinement partiel à laquelle elles sont soumises jusqu’au 13 juin prochain». Mais il faut savoir que la décision prise pour Saïda, Tindouf, Illizi, Tamanrasset «ne s’effectuera pas sans certaines mesures à même de préserver cet acquis concernant l’amélioration notable de la situation épidémiologique ayant conduit à la levée totale» du confinement dans ces quatre wilayas. En effet, selon le Pr Mehyaoui, afin d’éviter un retour de la propagation de l’épidémie de la Covid-19, «cette levée totale de confinement obéit à des règles bien précises, ce qui va nécessiter un contrôle très strict au niveau des points sanitaires et des points d’entrée de ces wilayas pour éviter la reprise de l’épidémie», a-t-il souligné. Il aborde ensuite la situation des autres wilayas où il y a «application d’un confinement partiel à domicile, de 17 heures jusqu’au lendemain à 7 heures » et dont le nombre passe à seize. Il s’agit des wilayas de «Blida, Alger, Batna, Béjaïa, Tlemcen, Tiaret, Tizi Ouzou, Sétif, Sidi Bel Abbès, Constantine, Annaba, Médéa, Oran, Bordj Bou-Arréridj, Tipasa et Aïn Defla, et ce, pour une période de quinze jours». Il aborde également le reste des wilayas où il y a «prorogation du confinement partiel entre 19 heures et 7 heures du matin» applicable depuis hier.
«La bataille contre la Covid-19 n’est pas finie»
«Dans ces wilayas, dit-il, la situation épidémiologique n’est pas préoccupante, mais il nous faut noter qu’elle continue d’enregistrer des chiffres importants de contamination par jour». Maintenant, il faudra que le nombre de cas baisse pendant plusieurs jours d’affilée pour pouvoir passer à un allégement ou une levée de confinement, soutient-il. Il reste donc du chemin à parcourir, selon le Pr Mohamed Belhocine, qui estime que «la bataille contre la pandémie de coronavirus n’est pas encore finie. Pour ce faire, cela nécessite un strict respect des mesures de prévention et de s’éloigner de certains comportements dont le résultat ne pourra qu’être un retour en arrière». C’est pourquoi, il réitère son appel à «une plus grande vigilance» face au constat d’un minimum requis, à savoir le port du masque, pourtant obligatoire depuis le 24 mai, ainsi que la distanciation physique qui ne sont pas encore rigoureusement respectés. «La propagation de la Covid-19 se poursuivra si un minimum de mesures de précautions, qui sont connues par tout le monde, n’est pas observée», avertit le Pr Belhocine, notant l’importance de ces mesures qui se résument à «préserver l’hygiène des mains, veiller au port du masque lorsqu’on est en collectivité ainsi qu’au maintien de la distanciation physique entre individus, particulièrement lorsqu’on se trouve dans un espace public, qu’il soit ouvert ou fermé», rappelle-t-il. Ce qui rejoint la déclaration du Premier ministre notant qu’«il a été observé que des wilayas où les citoyens ont respecté les mesures de prudence nécessaires pour leur protection et celle de leur entourage ont obtenu des résultats significatifs», ce qui a motivé la décision de leur déconfinement.
Fin de mission pour l’équipe médicale chinoise
Notons, par ailleurs, que l’équipe d’experts médicaux chinois a achevé sa mission et quitté l’Algérie vendredi, après un séjour de deux semaines dans le cadre de la coopération algéro-chinoise dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Composée de 20 experts spécialisés dans la lutte contre la Covid-19, l’équipe chinoise a effectué plusieurs visites dans des hôpitaux du pays, a-t-elle fait savoir, expliquant que ses visites ont été l’occasion de partager les expériences des deux pays sur les méthodes de traitement et de soins des maladies liées au coronavirus notamment. Les experts médicaux chinois, dont des médecins spécialisés notamment dans le traitement des maladies respiratoires, les soins intensifs, les maladies infectieuses, ainsi que la médecine traditionnelle chinoise, figuraient parmi les premiers à être mobilisés lors de l’apparition de la Covid-19 en Chine. Le séjour des experts chinois en Algérie, depuis le 14 mai, avait pour objectif de travailler avec leurs homologues algériens afin d’aider le pays à circonscrire cette pandémie, a-t-on encore expliqué. n