La flambée des prix des produits de large de consommation, notamment ceux des fruits et légumes, n’étonne par le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA). «Il s’agit d’un phénomène prévisible», a déclaré Hadj Tahar Boulenouar. «A chaque fois que la demande est forte sur le marché de consommation, les prix grimpent. Cela dure une courte période, le temps que le marché consomme l’effet de surprise, puis il y a un retour à la normale.» Et de comparer la situation actuelle, créée par la ruée sur les commerces et les grandes surfaces, à «celle du Ramadhan».
«Comme à le veille du mois du jeûne, où les gens changent de comportement d’achat, on constate que la peur de la contamination et de se retrouver sans denrées fait précipiter beaucoup de gens vers l’achat compulsif. L’approvisionnement est alors mis sous tension et le marché réagit aussitôt par une hausse momentanée des prix. La pression exercée actuellement sur les marchés fait que les prix augmentent, et c’est normal», a encore déclaré le président de l’ANCA.
Sur la hausse vertigineuse observée au niveau des marchés de gros des légumes, M. Boulenouar explique que «la raison n’est pas dans la crise du coronavirus, mais dans le climat dans les régions de production». «Si le prix de la pomme de terre a flambé, c’est en raison de la tempête de sable qui s’est abattue sur la région de Oued-Souf. Ses agriculteurs ont dû attendre passer la tempête pour se mettre à la récolte et à la commercialisation, ce qui n’a pas manqué d’impacter les circuits de gros», a-t-il encore précisé.
Selon le président de l’ANCA, «il y aura un retour à la stabilité des prix dès la semaine prochaine, sans doute à partir de samedi». Qu’en est-il des opérateurs qui pratiquement de fortes majorations ? «Ceux-là existent partout dans le monde», a répondu M. Boulenouar. «On cherche à les sensibiliser comme on ne manque pas de les dénoncer», pour éviter des tensions, a-t-il souligné. «Le travail important, a-t-il cependant mis en avant, revient à la répression des fraudes et aux contrôleurs du secteur du commerce qui doivent renforcer leurs moyens pour lutter contre la spéculation», un réflexe encouragé par les moments de panique. «On est pour le renforcement des mesures de contrôle et de surveillance des marchés ainsi que des points de vente», a-t-il dit. «La peur du coronavirus impacte le consommateur qui change de comportement et se met à acheter plus et davantage que ce dont il a besoin. Cette peur est exploitée par les spéculateurs.»
«A l’Anca, on est pour les sanctions des commerçants indélicats et nous saluons la décision prise par le Président de la République concernant la sanction des commerçants qui profitent de cette crise pour spéculer sur le dos des Algériens», a-t-il assuré. En ce qui concerne le suivi fait par son association, M. Boulenouar nous a dit qu’elle est en contact avec tous les commerçants et mandataires à travers le pays. «Le suivi, selon lui, ne se fait pas quotidiennement, mais chaque deux heures.»