PAR INES DALI
La triste affaire des jeunes harraga, qui n’ont plus donné signe de vie depuis 2008 et qui sont considérés actuellement comme disparus et victimes de disparition forcée en Tunisie, ne semble pas près de connaître son épilogue. De multiples soubresauts et rebondissements ont lieu depuis 14 ans sans que cela ait pu jeter la lumière sur le sort des jeunes disparus.
Intervenant à ce propos, l’ambassadeur d’Algérie à Tunis, Azzouz Baalal, a voulu se montrer rassurant en soutenant que l’Algérie ne ménagera aucun effort pour venir en aide aux familles des disparus et les accompagnera dans leur quête de connaître la vérité. Il a ajouté, dans une déclaration à l’APS, que les autorités veillent à ce que les familles concernées soient informées de tout développement pouvant survenir dans cette affaire douloureuse.
Cette sortie médiatique de l’ambassadeur à Tunis fait suite à malheureuse affaire de la semaine dernière, lorsque les familles des harraga, qui avaient reçu des convocations officielles de se présenter au tribunal de première instance d’El Kef, en Tunisie, pour assister aux procès de leurs fils lors d’une audience programmée pour le 15 avril dernier, ont été choquées d’apprendre, une fois sur place, que c’était «une erreur» alors que leur espoir était grand de voir enfin le bout du tunnel. Une situation abracadabrante qui n’a pas manqué de faire réagir les concernés.
C’est pour cela que l’ambassadeur d’Algérie à Tunis a précisé : «Suite aux réactions suscitées par la convocation par le tribunal d’El Keuf (République tunisienne), des familles et proches des jeunes Algériens, migrants clandestins, portés disparus et victimes de disparition forcée», il a décidé de porter à la connaissance des familles certains faits, en revenant sur l’historique de l’affaire.
Après avoir réitéré qu’il s’agit, selon différents témoignages et signalements, de 39 jeunes portés disparus depuis 2008, il a indiqué que «des parties ont évoqué leur éventuelle présence dans les prisons tunisiennes, en signalant qu’ils sont toujours en vie», ce qui a mené «notre corps diplomatique et consulaire en République tunisienne à engager les démarches nécessaires auprès des autorités tunisiennes pour s’assurer de la véracité des faits». En guise de réponse, «les autorités tunisiennes ont officiellement et à maintes reprises nié la présence de détenus algériens dans les prisons tunisiennes, non signalés aux autorités algériennes, et ce, conformément aux us diplomatiques et les dispositions des traités internationaux régissant les relations consulaires», a déclaré l’ambassadeur algérien à Tunis. De même que les autorités tunisiennes, a-t-il poursuivi, ont «enquêté sur les faits sans parvenir à un quelconque indice quant à la présence de citoyens algériens, victimes de disparition forcée en Tunisie».
Selon M. Baalal, l’Algérie et la Tunisie sont liées par «une relation de confiance empreinte d’un sens élevé de responsabilité et de coopération transparente, y compris en matière de coopération consulaire et judiciaire, notamment lorsqu’il s’agit de recherche de personnes portées disparues ou de recherche dans l’intérêt des familles». Rappelant que les deux pays sont «liés par une convention de coopération judiciaire prévoyant le respect des mesures en vigueur, l’échange d’informations judiciaires et le suivi des enquêtes relatives aux personnes morales ou physiques, notamment à travers les commissions rogatoires», le diplomate a affirmé que ce document est «le cadre idoine pour le traitement de pareilles affaires». Faisant part de son entière compassion avec les familles des jeunes disparus et soulignant être sensible à leur peine, il a appelé ces familles à «faire preuve de confiance envers les autorités algériennes qui les informeront de tout développement pouvant survenir dans cette affaire déplorable et douloureuse». L’ambassadeur veut donc rassurer les familles en colère et consternées qui ont effectué le déplacement en Tunisie et qui, une fois de retour au pays, ont décidé de saisir les avocats et les autorités concernées ainsi que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin que la lumière soit faite dans cette affaire qui n’a que trop duré. <