La pacification du Sahel à laquelle entend arriver la mise en place d’une force conjointe de pays du G5 ne saurait se passer de l’Algérie ni de la Cedeao. Cette force militaire, qui vise à régler les conflits armés sahéliens, doit obtenir le soutien et gagner la confiance des puissances régionales, à leur tête l’Algérie.

De l’avis de l’International Crisis Group, une ONG basée à Bruxelles, qui a publié hier un rapport intitulé « Force du G5 Sahel : trouver sa place dans l’embouteillage sécuritaire », « le G5 et sa force armée devront (…) gagner la confiance de l’Algérie et de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour remédier à l’inquiétante instabilité dont souffre le Mali et plus largement le Sahel ». Selon elle, l’Algérie et la Cedeao préfèrent, pour l’instant, le processus de Nouakchott, regroupant onze pays d’Afrique de l’Ouest, du bassin du lac Tchad et du Maghreb, « jugé plus inclusif » et « plus légitime » car initié par les Africains eux-mêmes à travers l’Union africaine. Soulignant la « lente et difficile » construction de la force et les énergies qu’elle mobilise, l’ONG a estimé que cet aspect ne doit « pas faire oublier qu’un processus de paix est en cours » au nord du Mali, et qu’il est « à ce jour la seule solution politique » à une crise, qui avant d’être militaire, est éminemment politique et sociale. Et de s’interroger sur la place de cette force dans « un espace sahélien où se bousculent des initiatives militaires et diplomatiques parfois concurrentes », relevant que cette nouvelle force évolue dans une région où les groupes armés sont plus d’une vingtaine. Elle a rappelé, dans ce contexte, que des forces de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), l’opération française Barkhane et un contingent américain dont « le nombre exact d’hommes reste un mystère » opèrent déjà dans cette région. « Les promoteurs de la force commune G5S devront avoir à l’esprit que la construction de cette force, et plus largement le règlement des crises sahéliennes, n’est pas uniquement une affaire d’armes et d’argent », a prévenu l’ONG