Comme à son accoutumée, chaque fois que le mois du jeûne approche, l’association scientifique Sirius y va de ses pronostics et de ses théories pour arrêter la date de Ramadhan qui, cette année, interviendra le jeudi 17 mai, non sans rappeler la date avancée par les autorités religieuses du pays il y a moins d’une semaine.

L’association Sirius considère que la nuit du 29 Chaabane du calendrier lunaire ou hégirien – la nuit du doute – qui coïncidera avec le mardi 15 mai, il ne sera pas alors possible pour l’Algérie, et même le Monde arabe, de voir le croissant lunaire, annonciateur du premier jour du mois de Ramadhan 1439. « La conjonction lunaire (l’instant où la lune sera la plus proche de la ligne Terre-Soleil) ayant lieu le mardi 15 mai à 12h47 heure algérienne […] la taille du croissant lors du coucher du soleil, le mardi soir, ne sera pas suffisante pour qu’il soit visible». C’est presque – pour une fois – le même argumentaire développé par des spécialistes du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag) qui, eux aussi, et pour les mêmes raisons, ont affirmé que le premier jour de Ramadhan devrait coïncider avec le jeudi 17 mai. «La journée de vérification du croissant lunaire sera le mardi 15 mai, sachant que sa forme en tant que telle ne pourra être constituée, ce qui rendra sa détection impossible», avaient-ils estimé. Pour Sirius aussi, le croissant lunaire ne pouvant être observé le 15 mai, le premier jour de Ramadhan devrait, en toute logique, être annoncé le lendemain. «Toute prétention d’avoir observé de visu le croissant lunaire en Algérie ou dans le Monde arabe ce jour-là – le 15 mai – ne pourra qu’être rejetée par la science. Ceci est le point de vue unanime de la communauté astronomique mondiale», affirme Sirius. «Tout autre cas de figure implique, ou bien une observation erronée du croissant, ou bien un ijtihad quant au début du mois de Ramadhan différent de celui en vigueur chez nous», estime Sirius.
«Il existe malheureusement un autre scénario pour le début du mois de Ramadhan qui est bien moins désirable», tempère par ailleurs l’association. «C’est le cas où une observation visuelle erronée chez nous ou un autre pays arabe serait validée par le Comité national du croissant lunaire, comme cela s’est produit, hélas, un nombre considérable de fois ces dernières années, et notamment avec l’Arabie saoudite», déplore l’association.
Dans tous les cas, pour reprendre le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, le dernier mot reviendra à la Commission nationale de l’observation du croissant lunaire, assurant qu’elle est totalement «indépendante dans l’exercice de ses missions». Selon lui, «il faut savoir que l’Algérie veille au respect des préceptes de la charia dans ce contexte loin de tout calcul ou considération d’ordre politique ou économique», appelant à «éviter la défiance et la suspicion». Il avait déjà eu l’occasion de faire prévaloir l’indépendance de cette commission installée chaque année dans le but de déterminer le début et la fin du mois de Ramadhan. Outre les savants en jurisprudence islamique (fiqh), la Commission nationale de l`observation du croissant lunaire compte des experts du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique(Craag), a-t-il précisé.