L’ambassade du Qatar à Alger a célébré, mardi dernier, sa fête nationale au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, en présence du ministre de l’Habitat, Abdelouahed Temmar, et du corps diplomatique.

«On célèbre notre fête cette année dans un contexte un peu particulier en raison du blocus imposé par l’Arabie saoudite et ses alliés pour des considérations fallacieuses vis-à-vis de notre Etat », indiquera Hassan Abahim Malki. 

Le blocus imposé contre le Qatar en juin 2017 par l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis et le Bahreïn n’a cependant pas eu l’effet escompté, a ajouté l’ambassadeur qatari. «Ces Etats n’ont pas réussi à faire plier le Qatar qui, contrairement aux attentes, est sorti plus fort de ce bras de fer grâce à la bonne gouvernance des décideurs qui ont pu déjouer ces machinations», a-t-il ajouté.

En plus du pari économique remporté, «cet isolement a renforcé le Qatar et la solidarité et le sentiment de fraternité entre Qataris», a ajouté M. Malki.

Par crainte qu’un tel scénario ne se reproduise, le Qatar travaille sur tous les domaines afin d’éviter toute dépendance en cas de chantage exercé dans l’avenir. «Doha est sorti de la dépendance. Il est à l’abri d’éventuels chantages qui pourraient être exercés dans l’avenir.»

L’Emirat du Qatar a indiqué, par la voix de son ambassadeur qu’il ne comptera que sur les pays amis qui n’ont pas rompu leurs relations diplomatiques avec lui, au lendemain du différend qui l’a opposé aux pays de Golfe, à leur tête l’Algérie, saluant ainsi son principe «de non-ingérence» dans les affaires internes d’autres pays.

En effet, au lendemain de l’annonce de la rupture des relations diplomatiques avec les pays suscités, l’Algérie a prôné le dialogue entre Doha et ses voisins du Golfe, appelant l’ensemble des pays concernés à adopter le dialogue comme seul moyen de régler les différends, tout en exprimant sa grande préoccupation face à cette crise et ses répercussions sur l’unité et la solidarité du monde arabe. «Il n’a pas été étrange pour nous que l’Algérie soit le premier Etat à diffuser un communiqué concernant le blocus qui nous a été imposé dans lequel elle a appelé à privilégier le dialogue et la diplomatie pour trouver une issue au différend», dira-t-il, félicitant l’Algérie pour ses positions en politique étrangère.

« Le Qatar respecte la souveraineté des autres pays, encourage la coopération bilatérale et le partenariat, et refuse de semer les germes de discorde », a-t-il ajouté.

S’agissant de la question palestinienne, le Qatar a regretté que des pays reconnaissent Jérusalem comme capitale d’Israël, à leur tête les Etats-Unis en décembre 2017. « Jérusalem demeure pour le Qatar la capitale de la Palestine car, la lâcheté de certains Etats a incité les autres à brader la cause palestinienne».

Il a dans ce sens exprimé son souhait que la Libye, le Yémen et la Syrie retrouvent la paix. 

Pour précision, la fête nationale qatarie est commémorée le 18 décembre de chaque année, jour où l’émir cheikh Jassim bin Mohammed Al Thani, fondateur du Qatar, a pris le pouvoir en 1878. Ce dernier est considéré comme le fondateur du Qatar pour avoir réussi à unifier les tribus locales et s’affranchir de la tutelle des Ottomans, des Britanniques et d’autres tribus de la péninsule arabe qui avaient la mainmise sur le Qatar. L’indépendance du Qatar a été proclamée le 3 septembre 1971.

Meriem Kaci