L’Europe est en passe de battre le « record de la honte » en refusant d’accueillir une trentaine de migrants, ballotés en Méditerranée depuis leur sauvetage au large de la Libye, il y a deux semaines, ont dénoncé hier plusieurs ONG.

« Cela fait maintenant 14 jours qu’ils sont laissés à l’abandon en mer. Un nouveau record de la honte », a affirmé sur Twitter un collectif d’associations humanitaires et de défense des droits de l’Homme. Et les conditions n’ont cessé pas de s’aggraver en raison de fortes vagues et du froid, obligeant jeudi le « Sea Watch 3 », navire affrété par une ONG allemande Sea Watch, à s’abriter derrière les côtes maltaises. Les autorités de La Valette ont donné leur accord, refusant toutefois que le navire accoste. Ces 32 migrants ont été sauvés au large de la Libye le 22 décembre par le «Sea-Watch 3», qui navigue sous pavillon néerlandais. Un nouvel équipage et des vivres sont arrivés vendredi à bord du «Sea Watch 3» où, en plus des trois enfants se trouvent trois adolescents non accompagnés et quatre femmes, originaires du Nigeria, Libye et de Côte d’Ivoire. Une autre ONG allemande, Sea Eye, a indiqué avoir également un de ses navires bloqué au large des côtes maltaises avec à son bord 17 migrants qui attendent, depuis le 29 décembre, l’autorisation de débarquer.
Les Pays-Bas, Allemagne, Italie et l’Espagne se sont d’abord montrés très réticents à accueillir ces migrants. Mais Berlin et La Haye ont finalement donné leur feu vert, à condition que d’autres pays se joignent à eux. Plusieurs villes allemandes, mais aussi italiennes, ont aussi offert d’accueillir ces migrants, le maire de Naples, Luigi De Magistris, affirmant qu’il veillerait lui-même aux opérations de leur débarquement en signe de défi au ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Ce dernier, également patron de la Ligue (extrême droite), a décidé la fermeture totale des ports italiens depuis son arrivée au pouvoir le 1er juin.
Chaque opération de sauvetage donne à chaque fois lieu à des tractations entre plusieurs pays européens, essentiellement la France, Allemagne, Espagne
et les pays du Benelux, pour prendre en charge ces migrants, faute d’un mécanisme européen pérenne.