A peine les agences de voyages se sont-elles relevées du manque d’affluence de clients, en raison du Hirak populaire, qu’elles sont confrontées à un autre problème affectant considérablement leur business et leurs chiffres d’affaires. Rappelons, en effet, qu’après une saison touristique saharienne ratée, suite à une forte baisse de la demande, les agences de voyages appréhendaient la saison estivale, hésitant entre les destinations nationales et étrangères. La demande, bien qu’elle ne soit pas de même niveau que celle de l’an dernier, a commencé à partir du mois de juin à augmenter quelque peu, incitant les opérateurs de voyage à reconduire les destinations étrangères, Turquie en tête. «Avec nos partenaires, nous avons proposé des promotions très intéressantes vers la Turquie, en tout inclus et en demi-pension. La demande sur cette destination est toujours forte et on aurait pu compenser nos pertes de la saison estivale si le problème de visa ne s’était pas posé», confie Nacéra Moumen, gérante d’une agence de voyages, C’est la première fois, assure-t-elle, que ce problème se pose. D’autant plus que la demande sur cette destination est importante en raison notamment des facilités pour l’octroi de visas. «Les demandes de visas vers la Turquie pour les candidats de moins 35 ans ont toutes été rejetées. Depuis que les jeunes Algériens utilisent la Turquie comme pays de transit pour atteindre l’Europe via la Grèce, l’ambassade de Turquie en Algérie a cessé de délivrer des visas pour les jeunes durant toute l’année et pas seulement durant la saison estivale. Ce qui nous affecte considérablement», déplore-t-elle. Heureusement que la Tunisie a toujours la cote. Pour combler le déficit causé par ce problème de visa, les agences de voyages, outre la Tunisie, ont multiplié les offres vers l’Egypte et à des prix compétitifs. Certaines ont proposé d’autres destinations, nouvelles, pour attirer les friands de voyages, le Liban notamment dont les tarifs sont pratiquement les mêmes que ceux de la destination turque. Les agences de voyages qui proposent le Liban assurent que cette destination connaît un succès certain et que les réservations affichent d’ores et déjà complet. «Nous croisons toujours les doigts car rien n’est encore gagné. Nous recevons beaucoup de clients pour des devis, mais cela ne signifie pas pour autant que ces clients vont revenir. Nous restons optimistes quand même car les Algériens se décident toujours à la dernière minute», souligne la gérante de l’agence de voyages. Sur les réseaux sociaux, les agences de voyages se montrent de plus en plus offensives, proposant même des prestations supplémentaires pour les familles qui veulent passer la fête de l’Aïd el Adha dans un pays étranger. «Les agences de voyages sont parfois obligées de travailler ensemble sur un même produit pour gagner le maximum de clients. Nous devons nous serrer les coudes pour ne pas tout perdre», confie-t-elle.<