Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a pris part, hier à Bamako, au 27e Sommet Afrique-France en compagnie du ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel. Portant sur le thème : «Pour le partenariat, la paix et l’émergence», ce rendez-vous verra la participation d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement. A son ordre du jour figurent plusieurs points.


En effet, outre l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations issues du 26e Sommet tenu à Paris en 2013, il est question de débats autour «des voies et moyens à même d’approfondir ce cadre de coopération afin de relever collectivement les défis communs notamment la paix, la sécurité et le développement de l’Afrique». L’objectif assigné à travers une telle démarche, avaient convenu les dirigeants du continent, est d’«assurer une transformation socioéconomique positive de l’Afrique dans les cinquante années à venir». Dans ce cadre, l’UA appelle à une plus grande contribution et adhésion de tous les Africains et amis de l’Afrique pour renforcer l’Agenda 2063. La question des migrants africains en Europe, source fréquente de tensions entre pays européens et africains, sera également à l’ordre du jour, mais il ne sera pas question de discuter d’éventuels accords de réadmission des migrants expulsés. Une polémique avait éclaté entre les Pays-Bas et le Mali en décembre après la publication par la diplomatie néerlandaise d’un communiqué saluant la conclusion, lors d’une visite du ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Bert Koenders, d’un accord entre l’Union européenne (UE) et le Mali sur le «retour des demandeurs d’asile refusés». Le Mali avait vigoureusement démenti, tandis que les Pays-Bas évoquaient un accord de principe. Il faut savoir que le Sommet de Bamako intervient sur fond de solidarité avec le Mali qui œuvre pour le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’Etat dans ses régions du Nord. Dans un message adressé à la nation, à l’occasion du Nouvel an, le président malien, Ibrahim Aboubacar Keita, avait indiqué que «l’organisation d’un événement de cette envergure dans notre capitale n’aurait pas été possible sans l’amitié et la confiance à nous témoigner par nos partenaires français. Elle n’aurait pas été non plus possible si nos frères africains ne nous avaient pas solidairement accompagnés dans nos efforts pour revenir à l’avant-scène politique et diplomatique mondiale». Il est utile de préciser que le Sommet Afrique-France a été élargi aux pays lusophones et anglophones. En plus de la réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a été, par ailleurs, précédée par des fora consacrés aux «Genre et Développement» ainsi qu’à «la Jeunesse». Dans ce cadre, il est même question d’un sommet des Premières Dames. Les autorités maliennes saisiront cette occasion pour promouvoir l’accord de paix et de réconciliation au Mali issu des négociations d’Alger, conjointement signé par les groupes politico-militaires des régions nord du pays, le gouvernement malien et la médiation internationale. Par ailleurs, parmi les grands absents du sommet : le président soudanais Omar el-Béchir, recherché par la Cour pénale internationale. le Gambien, Yahya Jammeh, qui n’a pas été convié et le Congolais Joseph Kabila, retenu par la formation d’un nouveau gouvernement. Yahya Jammeh veut rester au pouvoir après l’expiration de son mandat le 19 janvier, le temps que la justice statue sur ses recours électoraux, tandis que Joseph Kabila a obtenu une prolongation de son mandat jusqu’à l’organisation d’une présidentielle à la fin de l’année.