Lorsque Djamel Belmadi a pris en main la sélection algérienne au mois d’août dernier, il a hérité d’un groupe disloqué, d’une équipe où le doute s’est très bien installé et, surtout, manquant d’envie d’aller de l’avant pour gagner des matchs et reprendre confiance. Quatre matchs plus tard, Djamel Belmadi réussit à qualifier la sélection algérienne à la phase finale de la CAN 2019 prévue au Cameroun, et ce, à une journée de la fin des éliminatoires du groupe D de cette compétition continentale.

L’un des secrets de réussite du sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi, qui a succédé à Rabah Madjer, est d’avoir su remobiliser les joueurs de par son discours clair, net et bien orienté, tenant compte de plusieurs paramètres relatifs aux comportements des joueurs qu’il connaît bien. Et là, il faut reconnaître qu’en dehors de ses capacités de coachings, prouvées avec les Qataris, soit en club ou en sélection, Belmadi vient de montrer d’autres talents de bon orateur et surtout de fin psychologue.

Belmadi le psychologue !

Jugez-en : Lors de sa première conférence de presse, Belmadi, a évité de parler d’objectifs en premier lieu préférant plutôt parler de sensations : «Comme premier sentiment, je dirais d’abord que c’est une fierté d’être nommé sélectionneur des Verts. Ça peut paraître simple et basique, mais que dire d’autre dans ce genre de situations, que c’est vraiment une très grande fierté de pouvoir diriger cette équipe nationale avec toute son histoire. Etre un coach parmi tous les entraîneurs et sélectionneurs qui ont pu diriger et driver cette équipe nationale, notamment avec tous les succès que l’on connaît, en faire partie est une fierté. Fierté, c’est vraiment le premier mot qui me vient à l’esprit».
Et ce n’est que par la suite que Belmadi a évoqué ses objectifs. Djamel Belmadi a été engagé pour quatre ans avec l’objectif principal de qualifier la sélection algérienne au Mondial 2022 qu’organisera, justement, le pays qui l’a accueilli depuis près de 14 ans et qui lui a donné sa «première chance de driver une sélection nationale».

Premier objectif atteint
Dans son premier discours le nouveau sélectionneur des Verts a déclaré qu’on allait «certainement dire (qu’il est) fou, mais (il veut) gagner la Coupe d’Afrique des nations». «Mais, il faut d’abord se qualifier», insiste-t-il. Et Belmadi commence donc à travailler dans l’étroitesse du temps qui lui est imparti pour ce faire : quatre mois (de septembre à novembre) seulement pour assurer une qualification alors que cela pouvait bien aller au-delà, soit jusqu’à la dernière journée des qualifications prévue au mois de mars prochain. Le successeur de Madjer n’a vraiment pas du tout chamboulé l’équipe n’intégrant que quelques nouveaux joueurs. Mais le plus important c’est le discours mobilisateur avec surtout un état d’esprit de gagner, qu’il s’est attelé à inculquer à ses joueurs. La première sortie de l’EN sous Belmadi était annonciatrice d’une «nouvelle mentalité» des Verts. Un nul réussi en déplacement à Banjul face à la Gambie (1-1). Par la suite, c’est une victoire qui est enregistrée at home face au Bénin (2-0). Mais, les Verts ont raté leur deuxième match en déplacement à Cotonou où ils concèdent une courte défaite (1-0). Avant de rencontrer le Togo, la situation du groupe était telle que l’Algérie devait gagner le match pour assurer sa qualification avant terme. Mais, il se trouve que c’est aussi l’ambition du Togo qui est revenu en force pour jouer cette même qualification. Les talents de psychologue de Belmadi sont alors activés. Il mobilise ses joueurs avec un discours clair qu’il n’a cessé de marteler devant les journalistes. «Il est temps pour nous de réapprendre à gagner en dehors de nos bases. Nous devons prouver notre solidité», souligne–t-il. Encore faut-il rappeler au passage que l’Algérie n’a plus gagné à l’extérieur depuis son match contre les Seychelles (0-2) le 2 juin 2016. Et voilà que 2 ans et 5 mois après la sélection nationale réussit à gagner avec l’art et la manière contre le Togo qu’elle étrille (4-1). L’abnégation des joueurs, la volonté, la détermination et l’envie de gagner sont ainsi affichés par Attal et ses coéquipiers sur cette pelouse du stade municipal de Lomé pour redonner la confiance à tous les fans des Verts. Cette réussite, faut-il bien le préciser a été réalisée avec les mêmes joueurs qu’avait l’ex-sélectionneur Rabah Madjer. De plus, ce succès ne devrait pas être comptabilisé au profit de la FAF et de son président, car elle n’a sollicité Belmadi, dont le nom était régulièrement cité pour prendre ne charge les Verts, que lorsque Zetchi s’est retrouvé dos au mur… Le premier objectif est donc bien atteint. On parlera du second dès le prochain tirage au sort des poules de la phase finale de cette CAN-2019. Pour le moment chapeau bas à Belmadi, son staff au complet et surtout à ses joueurs qui lui ont bien rendu la confiance qu’il leur a fait.