Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, mobilise ses équipes pour limiter les impacts de la crise sur les caisses de la sécurité sociale (Cnas) et des retraites (CNR).

Il a, en effet, appelé, lors d’une rencontre nationale des directeurs de wilaya des agences de la Caisse nationale de retraites (CNR), organisée samedi à Alger, à la rationalisation des dépenses, au renforcement des efforts dans le domaine du recouvrement des cotisations et à l’amélioration de la performance administrative des différents services de la CNR. Il faut dire que les caisses de sécurité sociales et de la retraite réalisent, aujourd’hui, qu’elles ne sont pas préparées à affronter une telle situation. La CNR, la plus vulnérable de toutes, fait face à de sérieux problèmes financiers. Avec des dépenses de plus de 1 200 milliards de dinars à la fin de l’année écoulée, elle accuse un déficit de l’ordre de 560 milliards de dinars. Et ce déficit dépassera les 600 milliards de dinars en 2019.
Une situation aggravée par le nombre croissant de retraités, alors que celui des cotisants reste constant. Devant cette situation, le Fonds national dinvestissement (FNI) a été autorisé, dans le cadre de la loi de Finances 2019, à octroyer des crédits au profit de la CNR à des taux d’intérêt bonifiés à long terme, pour que les pensions de retraites soient versées. Cette disposition ne fixe cependant pas la valeur du montant de ces crédits. La caisse souffre ainsi d’un manque de visibilité, ne sachant pas de quoi seront faits les prochains mois en termes de besoins financiers. L’Etat est intervenu en fait à de nombreuses reprises pour lui redonner de l’oxygène, mais le gouffre financier se creuse davantage au fil des mois.
En effet, le gouvernement a cassé sa tirelire en mobilisant, dans la loi de finances 2018, 500 milliards de dinars pour combler le déficit de la caisse. Les recettes de la caisse nationale des retraites qui s’élèvent à 700 milliards de dinars, dont 100 milliards de dinars de subventions de l’Etat, lui permettent difficilement de payer les pensions et les allocations de retraites. La Caisse nationale des assurances sociales et des travailleurs salariés (Cnas) a également mis la main à la poche au nom de la solidarité entre les caisses, pour venir à la rescousse de la CNR. La Cnas a, en effet, été contrainte, trois années durant, de venir en aide à la CNR pour assurer le paiement des pensions, et ce, au détriment de sa trésorerie. Ce faisant, l’Etat ne développe pas de solutions durables. Il propose des solutions d’ordre financier en aval, alors qu’il y a nécessité aujourd’hui d’étendre l’assiette des cotisants, d’étudier le travail au noir, un effort qui doit se faire en amont dans un marché du travail qui reste marqué par des problèmes structurels. La précarité y est souvent accompagnée du non-respect des protections légales des travailleurs, dont beaucoup ne sont même pas déclarés à la sécurité sociale. D’ailleurs, M. Zemali a appelé à lutter contre toutes formes de fraude. Il a également appelé au renforcement du contrôle et du suivi, ainsi qu’à la modernisation des outils de gestion dans ce domaine, en particulier, l’utilisation des nouvelles technologies dans le cadre de la numérisation des fichiers. Par ailleurs, le ministre a donné des instructions aux responsables de différentes agences sous tutelle afin d’optimiser et de partager les ressources humaines et matérielles disponibles. En sus de la nécessité de veiller et d’œuvrer à l’amélioration des conditions d’accueil et de prise en charge des préoccupations des retraités, en simplifiant les démarches administratives, le premier responsable du secteur a mis également l’accent sur l’importance de renforcer l’utilisation des nouvelles technologies, à l’image des centres de données numériques de gestion et de traitement des dossiers, dans l’objectif d’assurer un service public de qualité au profit de cette catégorie. Le ministre a à cet effet instruit les responsables des différents organismes sous tutelle à l’effet d’une exploitation optimale et participative des moyens humains et matériels disponibles, outre l’échange des données et des bases de données, en vue de concrétiser davantage d’efficacité dans le performance A noter que quatre ateliers techniques sur le développement du système d’information de la Caisse nationale des retraites ont été organisés pendant cette rencontre.<