L’élément humain reste le facteur principal des accidents de la route en Algérie, causant la mort ou le handicap de milliers de victimes chaque année, se sont accordés à dire les acteurs et les représentants de la sécurité routière qui se sont donné rendez-vous, hier, au forum du journal arabophone public Echaab pour débattre du fléau des accidents de la circulation qui tuent des milliers de personnes chaque année.
En effet, «le non-respect du code de la route, notamment à travers la vitesse au volant», mais aussi «la délivrance du permis de conduire à des candidats qui ne maîtrisent pas la conduite routière» ont été cités comme principales raisons qui font de l’Algérie l’un des pays les plus touchés par ce phénomène. Les participants de cette rencontre, entre Protection civile, Gendarmerie, secteur de l’éducation, celui de la solidarité nationale et autres syndicats, ont été quasi-unanimes à pointer du doigt «le manque de civisme, de formation et de sensibilisation» des conducteurs. Ces derniers sont «les principaux auteurs des crimes de la route», ont souligné les intervenants du forum. Ces derniers ont, par ailleurs, relevé que les accidents de la route provoqués par les conducteurs de bus de transport gagnent de plus en plus en fréquence. Ils préciseront, à ce sujet, que les accidents sont nettement plus nombreux dans le transport privé par rapport au
public.
Cependant, le président du Centre national de permis de conduire (CNPC), Rachid Bourenane ne manquera pas de faire remarquer que le facteur humain n’est pas le seul en cause dans les accidents de la route dans notre pays ? C’est vrai que le non-respect du code de la route est un élément principal dans ce qu’on appelle le terrorisme routier, mais il faut s’interroger également sur la maintenance et le bon état des véhicules ainsi que l’état des routes chez nous», dira-t-il, avant de s’interroger sur les normes en la matière. «Y a-t-il respect des normes sur ce registre ?», lancera M. Bourenane. «J’en doute», répondra-t-il.
Pour diminuer le nombre des accidents, le président du CNPS propose l’introduction du module «éducation routière» dans les établissements scolaires. Cette démarche est «plus que nécessaire afin de changer les mentalités et les comportements des conducteurs», estime-t-il, non sans ajouter que le centre qu’il préside a fait le nécessaire pour limiter les dégâts et ce, en contrôlant les centres d’apprentissage de conduite et en introduisant des normes, augmentation des heures d’apprentissage, revoir l’âge de conduite en fonction du poids…). Les intervenants n’ont pas manqué non plus de mettre à l’index «l’anarchie» qui règne au niveau des organismes chargés de la sécurité routière et qui sont dépendantes du ministère de l’Intérieur. «Il faut attribuer plus de prérogatives aux centres de la sécurité routière», ont-il préconisé, regrettant que le Centre national de lutte contre les accidents de la route n’a pratiquement «aucun pouvoir». Et d’ajouter que ce centre «doit fournir des recommandations pour minimiser les dégâts».
Il est aussi question d’«appliquer les lois relatives à la sécurité routière» et de «mettre en place un dispositif pour des statistiques de véhicules et de voyageurs», ont recommandé les participants au forum. n