Le P3A, programme d’appui européen au Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR), qui vient d’être clôturé, a joué un rôle important dans la formulation des réformes à introduire dans la sécurité et la prévention routière nationales.

C’est ce qu’ont affirmé les différents intervenants lors du séminaire de clôture de ce jumelage, hier à Alger. Parmi ces réformes, l’introduction du permis biométrique à points, la mise en place d’un comité intersectoriel au niveau du Premier ministère, dont la mission est de définir les orientations stratégiques dans ce secteur et d’une délégation interministérielle de sécurité routière. Il s’agit aussi de mettre en place un système de statistiques unifié en conformité mondiale, la modernisation du dispositif de veille et de surveillance et la réforme du système d’apprentissage de la conduite à travers les nouvelles technologies. Les résultats de ce jumelage d’un coût de 1,5 million d’euros, financé par l’UE depuis son lancement en 2015, valorisent, d’après le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, les efforts fournis par les pouvoirs publics dans le cadre d’une stratégie nouvelle dans la sécurité routière.
Il a rappelé, dans ce contexte, le lancement de plusieurs chantiers, basés sur les TIC et l’innovation, pour parvenir à une maîtrise définitive de cette problématique. Les deux dernières années, souligne le ministre, ont été très fructueuses dans ce domaine puisqu’il a été procédé à la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire unifié de la gouvernance de la sécurité routière, en adéquation avec les normes mondiales.
La Délégation interministérielle de sécurité routière sera, selon lui, le point central pour la concrétisation de cette nouvelle stratégie, qui rassemblera l’approche pédagogique à l’approche dissuasive dans une perspective préventive dans le but d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Les deux approches seront soutenues par une infrastructure de base technologique moderne.
Toujours à propos de cette délégation, le Directeur général du CNPSR, M. Naït El Hocine, a signalé que le texte érigeant cette délégation a été finalisé et sera prochainement soumis au Secrétariat général du gouvernement.
«La délégation sera d’abord mise en place afin de fournir toutes les informations et la matière sur la sécurité routière au comité intersectoriel, qui sera mis en place juste après cet organisme.
Le comité tracera les orientations stratégiques en fonction des informations fournies par la délégation que cette dernière sera chargée d’appliquer sur le terrain», a-t-il expliqué. Les accidents de la route, par ailleurs, étant une charge très lourde au budget de l’Etat, les pouvoirs publics ont pensé à d’autres modes de financement de la sécurité routière et qui seront mis en œuvre à travers notamment la loi des Finances 2018. Le ministre a fait savoir que la LF 2018 prévoit le financement en partie de la délégation interministérielle à travers des recettes des contraventions de la circulation et des taxes assignées à la circulation des biens. Le directeur de la coopération avec l’UE au ministère des Affaires étrangères, Ali Mokrani, tout en soulignant l’importance du jumelage comme instrument d’accompagnement, a appelé à les renforcer pour valoriser les compétences nationales. Ce type d’instrument, a-t-il assuré, a été fortement salué par le conseil d’association UE-Algérie qui prévoit, mercredi prochain, une réunion de suivi de la mise en œuvre des accords de l’association.
L’ambassadeur d’Espagne en Algérie, S.E.M Santiago Cabanas Ansorena, a appelé également à l’intensification des jumelages, surtout dans le secteur de la sécurité routière où l’Espagne est considérée comme leadeur au niveau européen. Notons qu’une quinzaine de projets de jumelages seront lancés prochainement dont celui relatif à la sécurité routière de l’Autoroute Est-Ouest.