Responsables algériens et américains se sont rencontrés à nouveau, à Alger, sur les questions sécuritaires et d’antiterrorisme. La partie algérienne a été présidée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et la partie étasunienne par le secrétaire d’Etat adjoint au Département d’Etat, John Sullivan. Les deux se sont rencontrés dans le cadre de la «5e session du dialogue algéro-américain » sur les questions sécuritaires et la lutte antiterroriste.

A propos de ce rendez-vous bilatéral, on a su qu’entre Alger et Washington, il existe une parfaite entente sur les sujets abordés.
M. Messahel s’est félicité de la qualité des relations « exceptionnelles » qui unissent les deux pays. Ce dialogue est une illustration en ce qu’il nous permet de développer et d’approfondir la concertation et la coopération sur une liste de thèmes en constante progression », a-t-il déclaré dans un discours qui contraste fortement avec les nuances qu’il a coutume d’exprimer lorsqu’il s’agit de coopération sécuritaire avec les pays européens et la France, en particulier. Puissance avec laquelle il existe une coopération sécuritaire importante mais qui bute sur des visions antagoniques en ce qui concerne les réponses à donner, par exemple, aux menaces et aux risques sécuritaires au Sahel. Sur ce dossier précisément, l’Algérie peut compter sur sa convergence de vue avec celle des Etats-Unis sur le G5 Sahel, par exemple. Si Alger voit d’un mauvais œil ce déploiement sous inspiration stratégique française pour lutter contre le djihadisme, Washington souffle le chaud et le froid, soit en parlant d’aide possible, soit en considérant que c’est un dispositif inutile et coûteux.
« Les Etats-Unis sont fiers de coopérer avec l’Algérie pour faire face à la menace terroriste et approuvent sa disponibilité à partager son expérience acquise en matière de lutte contre le fléau du terrorisme avec d’autres pays », a dit le secrétaire adjoint John Sullivan. Ajoutant que son pays était également reconnaissant envers l’Algérie « pour son leadership dans la restauration de la paix et de la sécurité dans la région, particulièrement en Libye et au Mali et pour ses efforts au niveau du Forum global de lutte contre le terrorisme (GCTF) ». M. Sullivan a relevé que la coopération algéro-américaine ne se limite pas au volet sécuritaire. « Nous accordons également une grande importance aux échanges entre les citoyens des deux pays comme vecteur de renforcement des relations bilatérales », a-t-il indiqué, en marge de la session et avant de se diriger vers Rabat, dans le cadre d’une tournée régionale. Pour les défis qui concernent le continum Maghreb-Sahel, ils sont « importants » et connus, a déclaré le chef de la diplomatie algérienne.
M. Messahel a noté que le terrorisme « continue de causer des pertes de vies dans de nombreux pays, notamment dans la bande sahélo-saharienne, mais également dans d’autres régions épargnées jusque-là ». Il a souligné que « le retour des combattants terroristes étrangers représente aussi une grave menace pour les pays d’origine mais aussi pour beaucoup d’autres pays, en particulier ceux souffrant de la faiblesse et de la rareté des moyens pour les combattre ». Ajoutant que la densification de la relation entre les groupes terroristes et le crime organisé transnational «met à la disposition des uns et des autres des moyens financiers considérables ». S’agissant de la migration illégale, sujet brûlant qui agite les deux rives de la Méditerranée, le ministre a indiqué qu’elle « s’impose de plus en plus comme une menace sérieuse dans de nombreuses régions du monde », ajoutant que « c’est une menace qui préoccupe fortement l’Algérie, devenue un pays d’accueil » recevant « régulièrement d’importants flux de migrants acheminés par des groupes criminels » vers les frontières sud du pays.n