Par Jacky NAIDJA
Un film typiquement marseillais qui porte le nom de Bonne mère, allusion à Notre-Dame-de la Garde. Cette basilique historique domine la baie de Marseille, plus connue pour son histoire à veiller sur les habitants de Marseille.
C’est la deuxième réalisation en long métrage de Hafsia Herzi après le succès de «Tu mérites un amour» et un début de carrière fabuleux dans de nombreux films largement récompensés qui ont fait sa prestigieuse filmographie. Ses principaux films comme la «Graine et le Mulet» de Abdelatif Kechiche, «Mektoub my Love», ou encore la «Source des femmes», ont vraiment marqué ses débuts de carrière au cinéma.
«Bonne mère» est à l’affiche dans la section «Un certain regard» consacrée au jeune cinéma d’auteur du Festival de Cannes qui aura lieu du 6 au 17 juillet. Un film attendu par la critique dont on dit déjà beaucoup de bien, qui parle de la pauvreté dans les quartiers. Racontant le quotidien combien difficile de Nora, une Algérienne, 60 ans, femme de ménage, en charge de sa famille au sein d’une cité des quartiers Nord de Marseille. Là où justement les drames sont monnaie courante et où se côtoient chômage et violence.
Nora va voir que son fils Elies, chômeur est pris au piège de la délinquance par suite d’un braquage d’une station-service et incarcéré. C’est là tout le drame de l’histoire de cette famille, avec Nora au centre de cette actualité brûlante qui agite ces quartiers Nord. Là où justement la pauvreté tient une place considérable à côté de l’autre quartier, la prison.
Nora vit durement l’absence de son fils et n’attend qu’une chose son procès.
Hafsia Herzi avec beaucoup de sensibilité a filmé cette histoire spectaculaire, avec sa parfaite vision de ce décor idéal de celle qui connaît bien le terrain et dont elle en est issue. Où la vie est souvent difficile à «vivre». Elle a choisi de mettre sa caméra là où elle perçoit les moindres détails et tous les soubresauts de la rue, dans cette galaxie des difficiles rapports entre les gens et surtout les jeunes qui, faute d’occupation, s’aventurent dans la délinquance et souvent dans la violence. Jusqu’à revenir aux espérances et forger cet imaginaire pour sortir de cette question très sensible qu’est la pauvreté. Celle qui secoue sans cesse la population dans cette partie de la Cité phocéenne, mettant particulièrement l’accent sur sa vulnérabilité.
Elle relate avec une extrême objectivité ces événements pour décrypter le vécu douloureux de Nora dans toute la détresse de ces quartiers, pour montrer Nora toujours debout aux côtés de son fils. Un hymne à la vie, à l’amour. Un film pertinent, très attendu et déjà primé, à la hauteur des ambitions de Hafsia Herzi toujours admirable dans ce nouveau rôle de réalisatrice. Un rôle qu’elle maîtrise déjà à merveille. Avec dans la production du film un autre réalisateur bien connu, Abdellatif Kechiche, l’homme qui a fait d’elle l’espoir du cinéma français aujourd’hui.
Sortie en salles le 22 septembre prochain .

*Hafsia Herzi, 34 ans, l’actrice au grand talent avec des films prestigieux est vite passée derrière la caméra avec une première réalisation «Tu mérites un amour». Bonne mère est son second long métrage qui lui donne cette chance d’être dans «Un certain regard» de cette 74e édition du Festival de Cannes 2021 et, pourquoi pas, briguer un nouveau prix !