On a appris hier que la Banque d’Algérie a instruit les banques et établissements financiers à geler toute domiciliation d’importation de véhicules par les entreprises. Ces dernières, qu’elles soient publiques ou privées, n’ont plus le droit d’acheter par elles-mêmes des voitures ou du matériel roulant utilitaire à l’étranger.

Elles doivent, selon l’instruction de la Banque d’Algérie, entrer en vigueur le 2 février courant, cesser temporairement cette activité pour ne la laisser qu’aux concessionnaires soumis eux aussi au régime sec : 50 000 unités qu’ils doivent se départager pour l’exercice 2017 !
La directive de la Banque d’Algérie ne surprend guère. Elle était même attendue de la part d’un gouvernement décidé à faire parvenir les importations aux limites du supportable par l’activité économique dans le pays, le temps que la crise s’atténue, et à faire du secteur de l’automobile le terrain d’essai par excellence de sa politique de maîtrise de la ressource. Toutes les déclarations multiples et récentes faites par des ministres et des officiels concernés par ce secteur ont signalé et annoncé cette politique de rigueur, voire d’austérité en commerce extérieur et en particulier dans l’achat de véhicules à l’étranger.
Les conséquences sont de donner un nouveau coup de rabot à une activité déjà fortement sinistrée et qui va l’être davantage dans les mois à venir avec une raréfaction de l’offre et une flambée de l’argus d’occasion. Elles sont de priver le Trésor public, les agents douaniers et fiscaux de revenus sans doute importants même si on ne peut les mesurer réellement que si les départements du commerce ou de l’Industrie évaluent combien de véhicules les entreprises du pays importent-elles chaque année… L’objectif, lui, est d’épargner de la devise forte et de donner à l’industrie automobile, à peine naissante dans notre pays ; toutes les chances d’émerger et de créer le champ industriel et économique qu’on attend d’elle. Ce qui n’est pas pour tout de suite.