Dans un rapport fraîchement élaboré (janvier 2017), la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) présente de bonnes et de moins bonnes appréciations sur l’économie algérienne.

L’organisme français avance ainsi que la croissance algérienne «n’a que faiblement ralenti» en 2016, expliquant qu’en dépit de la baisse du PIB dans le secteur des hydrocarbures, celui-ci a montré des «performances positives» comparativement à 2015 en maintenant un taux de croissance supérieur à zéro. L’économie hors pétrole a certes présenté des signes de «ralentissement» mais, y est-il ajouté, cela concerne principalement le secteur «manufacturier» et le «secteur public». Et d’apprécier que les services et les secteurs liés à la consommation sont, quant à eux, restés «dynamiques». Autre bonne nouvelle dans le document de la Coface : les dépenses des ménages sont restées «soutenues» en partie grâce au maintien des subventions hors énergie. La société française indique que face à un risque de «ralentissement prolongé», suite à une baisse des investissements en capital, les autorités algériennes avaient maintenu les dépenses sociales et une réforme de la fiscalité des entreprises du secteur privé. Les mesures d’austérité annoncées, dans le cadre de la loi de finances 2017,
devraient cependant conduire à une «nette décélération» de l’activité, y est-il écrit dans ce document. Et, peser, dans une certaine mesure, sur les réformes que l’Exécutif veut faire aboutir en vue de diversifier l’économie. La Coface rappelle dans ce registre que le programme quinquennal 2016-2019 aura pour objectif de favoriser 18 filières industrielles et d’amorcer la relance et l’intégration des industries ainsi que la création d’emplois. Un plan de recapitalisation des banques publiques et de refinancement du système bancaire devrait permettre de dégager des liquidités supplémentaires et de stimuler le crédit. Le gouvernement entend ainsi substituer progressivement l’investissement privé à l’investissement public. Elle estime par ailleurs que la légère augmentation du prix du pétrole attendue en 2017 ne suffirait pas à faire baisser la pression sur les finances publiques et les exportations et continuerait de peser sur l’environnement macroéconomique national. La baisse en volume des exportations d’hydrocarbures, couplée à des cours du baril de pétrole au plus bas depuis mi-juin 2014, ont entraîné un important déséquilibre du compte courant en 2016 qui se poursuivrait en 2017, selon la Coface. La balance commerciale demeurerait déficitaire en 2017 en dépit des tentatives de la part des autorités de juguler la facture d’importation. Cette analyse rejoint celle développée par Oxford Busines Group (OBG) dans le rapport 2016 sur l’Algérien publié, il y a trois jours. En effet, sous la plume de son directeur éditorial, pour l’Afrique, Robert Tashima, OBG affirme que «l’Algérie a subi l’impact de la baisse des prix mondiaux du pétrole, notamment en termes de recettes fiscales et de réserves de change, mais que les politiques prônées ces dernières années ont contribué à protéger l’économie contre des effets plus conséquents». Et, de poursuive que la conjoncture mondiale complexe des dernières années a également facilité les efforts du gouvernement pour diversifier son développement dans les secteurs secondaire et tertiaire, ce qui devrait produire des résultats significatifs dans les trois à cinq prochaines années». Pour la Coface, le rééquilibrage du marché pétrolier attendu en 2017 et la hausse des cours qui en découlerait «devraient favoriser une augmentation» des  recettes pétrolières «soulageant» la pression sur les finances publiques.