Selon le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, l’Algérie se dirigerait vers l’autosuffisance en minerai de fer à l’horizon 2025, c’est-à-dire dans quatre ans. L’entrée en exploitation du gisement Gara Djebilet près de Tindouf va permettre au secteur minier algérien de s’autosuffire en ce qui concerne cette matière première et de se positionner sur le marché de l’export. L’objectif du gisement de Gara Djebilet est «d’augmenter sa production pour atteindre 12 millions de tonnes par an, à partir de 2025», ce qui permettra à cette mine de couvrir «toute l’activité de transformation du fer en Algérie», a-t-il affirmé dans un entretien pour le supplément économique du mois de mars d’Ech Chaab.
M. Arkab a estimé qu’au moment où l’Algérie cessera d’importer ce métal, le Trésor public pourra économiser près de 2 milliards de dollars chaque année avec la possibilité de «s’orienter vers l’exportation». Gara Djebilet, a-t-il indiqué, est une réserve de 3,5 milliards de tonnes de fer, avec une concentration élevée en phosphore jusqu’à 0,8%, et un bassin de 3 000 postes d’emploi, dont 1 000 permanents, dès son entrée en phase de production.
Samedi 13 février, le ministre avait déclaré que la mise en service du gisement aura lieu en ce mois de mars «au plus tard» avec «une entame effective de l’exploitation vers fin 2023». Il a ajouté que ce projet est la grande priorité du secteur minier, d’autant plus que les besoins de l’Algérie sont de 12 millions de tonnes, la production actuelle ne dépassant pas les 5 millions de tonnes.
Pour Gara Djebilet comme pour le gisement de Mecheri, situé à 160 km au sud de Tindouf, le préalable technique et technologique est la dé-phosphorisation à un taux de 0,1%, ce qui est considéré par les experts comme l’un des défis les plus importants à relever par l’entreprise algérienne et son partenaire chinois.
En ce qui concerne l’exploitation du marbre et du granit, Mohamed Arkab a affirmé que l’Algérie peut «couvrir 200 % de ses besoins». Pour les métaux et les terres rares, il a fait état d’un «audit» qui fait ressortir la présence de ces ressources aux quatre coins du pays, avec une plus grande concentration dans les régions du Sud. Selon lui, il existe 13 projets miniers d’exploration de métaux précieux et rares entre les wilayas de Tamanrasset et d’Illizi, «avec des indices avérés». «Les moyens et les ressources financières nécessaires sont disponibles pour redynamiser le secteur des mines», a-t-il assuré alors qu’il n’avait encore que le portefeuille des Mines avant le remaniement du 21 février dernier. Actuellement, l’Algérie importe 31 matières minérales, métalliques et autres pour un montant de 1 milliard de dollars, alors que le pays dispose de beaucoup de mines qui seront lancées, a-t-il encore souligné.