Ce partenariat sera affiché lors de la réunion du comité intergouvernemental à haut niveau qui sera présidé par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane et la Première ministre française Elisabeth Borne, prévue début octobre à Alger, suivie par la réunion du Comefa. Deux évènements qui seront ponctués par la signature de plusieurs accords.

Par Khaled Remouche
C’est dans un contexte marqué par un intérêt à l’international sur les richesses minières algériennes que s’est tenue, hier, la rencontre mines et carrières à l’hôtel Sheraton d’Alger organisée par la Chambre algéro-française de commerce et d’industrie (CCIAF). En ce sens, en marge de la rencontre, le Directeur adjoint de la CCIAF, Halim Ammar Khodja, rapporte suivant plusieurs spécialistes que l’Algérie recèle 20% des réserves de terres rares dans le monde, d’où le regain d’intérêt pour la destination Algérie. Le responsable de la CCIAF a indiqué que les deux pays s’acheminent vers un partenariat renforcé dans le secteur des mines. Ce resserrement des relations sectorielles sera affiché lors de la rencontre intergouvernementale de haut niveau prévue les 7, 8 et 9, ou du 8 au 10 octobre prochain à Alger, présidée par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane et la Première ministre française Elisabeth Borne qui conduira une forte délégation de ministres.
Une rencontre suivie ultérieurement par la réunion du Comefa. Deux évènements qui seront ponctués par la signature de plusieurs accords de partenariat entre les entreprises algériennes et françaises. C’est dans cette conjoncture favorable pour la relance du partenariat économique algéro-français que s’est ouvert hier ce forum d’affaires par des rencontres B to B entre entreprises algériennes et françaises ou européennes (italienne et allemande notamment). Ce conclave regroupait des représentants d’une vingtaine d’entreprises françaises avec des dizaines de sociétés algériennes publiques et privées activant principalement dans le segment carrières. Citons pour la partie française Maitec, Aqseptence Group,Tramec, Lim, pour la partie algérienne Cosider, Lafarge Algérie, Gica, les cimenteries Amouda, Rotahem, Siad.
Cette rencontre intervient également après la reprise de l’activité économique en Europe après la fin quasiment de la crise sanitaire et des prémices d’une redynamisation de l’économie algérienne selon certains participants. La rencontre peut se résumer en la présentation de la société des mines de phosphate EPE Somiphos, filiale du groupe public Manal, ainsi que de l’offre française et européenne en matière d’équipements et de solutions techniques pour les mines et carrière, en particulier des installations de traitement des eaux, des équipements et solutions pour la gestion des résidus miniers et déshydratation des boues, des installation de broyage, des installations complètes de concassage, des solutions pour l’exploration mines et carrières.
Somiphos, le pied sur des réserves de 1,6 milliard de tonnes de phosphates
Il ressort de la présentation de Somiphos par son directeur technique Saadi El Houari, que cette entreprise, qui exploite la mine de phosphate de Djebel Onk à l’est du pays, est une entreprise très saine financièrement. Elle exporte un volume assez important hors hydrocarbures en Algérie et un acteur non négligeable sur le marché mondial du phosphate. Somiphos a produit 1,8 million de tonnes de phosphate marchand en 2021, un pic de production par rapport aux années précédentes.
Les réserves de phosphate de la mine de Djebel Onk sont très importantes : 1,6 milliard de tonnes exploitables. L’Algérie recèle parmi les plus importantes réserves de phosphates dans le monde. Ces chiffres peuvent être revus à la hausse avec des prospections complémentaires sur des mines de phosphates à proximité de Djebel Onk. Cette production a été exportée vers l’Europe (50%), l’Asie (33%) et l’Amérique 4%. Elle exporte pour une valeur estimée à 65,110 millions de dollars//an. L’entreprise a réalisé 13 milliards de dinars de chiffre d’affaires, 3,9 milliards de dinars de résultat net en 2021. Le plan de développement national des phosphates prévoit, lui, une production de 10 millions de tonnes/an à l’horizon 2029 dont 4 millions de tonnes/an devant être assurés par Somiphos et 6 millions de tonnes/an par l’entrée en service du projet intégré de phosphate de Tébessa en partenariat entre Manal, Asmidal et des sociétés chinoises.
Ce dernier projet, qui produira 6 millions de tonnes/an de phosphates doit être transformé en acide phosphorique avant d’être transformé en engrais phosphatés. Il nécessitera un investissement de 7 milliards de dollars financé essentiellement par les sociétés chinoises. Pour atteindre cet objectif dans son plan de développement, elle devra rénover ses installations et mettre en service de nouvelles dont une unité d’enrichissement de phosphate. Sur ces 4 millions de tonnes/an, 2 millions seront exportés et 2 millions seront transformés localement. La société Somiphos a, enfin, exprimé à l’issue de la présentation sa quête d’équipements pour améliorer sa production, voire des solutions pour améliorer son processus de production. <