Par Nadir Kadi
Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a fait savoir, hier, que son secteur souhaitait et travaillait à une «réforme profonde» de la loi sur les mines. Le responsable a, en effet, déclaré hier, en ouverture de la Journée d’information sur la promotion de l’investissement dans le secteur des mines, que «le brouillon du nouveau projet de loi sur les mines sera soumis à discussion dans les prochaines semaines». Les principaux axes de cette réforme, d’ordre «juridique» et «organisationnel», devraient concerner les conditions d’investissement ainsi que l’ouverture du secteur aux opérateurs privés et étrangers. Le ministre déclare à ce titre qu’il s’agit «d’arriver à un cadre légal et organisationnel attractif et adapté aux nouveaux paramètres» tout en participant à l’effort «d’exportation hors hydrocarbures».
Réforme en «profondeur» qui serait aujourd’hui nécessaire au regard l’état des exploitations et de l’ambition de «relancer» le secteur ; le ministre a basé hier sa réflexion sur le fait que «la situation actuelle montre des lacunes à plusieurs niveaux (…) Il y a une sous-valorisation des gisements et ressources, malgré l’existence d’importantes capacités dans le pays». Dans cette logique, en plus de revenir sur les problématiques récurrentes telles que les «obstacles bureaucratiques» ou la nécessité de «faciliter les procédures administratives» et de «réduire le temps d’étude des dossiers d’investissements»… Mohamed Arkab a estimé que «l’investissement dans le secteur des mines nécessite en priorité d’améliorer ses conditions», l’objectif affiché est ainsi de conclure des partenariats «sous toutes leurs formes et, en particulier, entre le public et le privé, ou encore avec des partenaires étrangers». Cela constitue pour le ministre «l’axe principal pour la promotion du secteur et pour garantir le financement de son activité et le transfert des technologies».
Mohamed Arkab a également abordé hier certains aspects techniques, sans toutefois donner de chiffres ou statistiques sur l’état et les perspectives du secteur, insistant sur les manques en termes de capacité de prospection minière et de recherche de nouveaux gisements, expliquant que le secteur offrait de larges possibilités d’investissements pour «l’amélioration des programmes de prospection minière, par le recours aux techniques modernes, notamment la géophysique aéroportée, la télédétection, mais aussi la numérisation et la modernisation de transferts de l’information…». Et dans cette même idée, le «programme» mis en place par le ministère de l’Energie et des Mines vise, selon le ministre, à «fournir des informations et données géologiques aux investisseurs pour encourager la prospection minières. A ce titre, l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA) met à disposition sa base de données aux opérateurs et investisseurs». Mohamed Arkab a longuement insisté sur cette question des capacités de prospection, comme préalable au «lancement de nouvelles exploitations meunières qui passe par la valorisation du travail de prospection», laisse également entendre que cette tâche ne doit plus rester de la seule responsabilité des acteurs étatiques : la prospection «nécessite des investissements et des moyens importants. Cette étape reste, à l’heure actuelle, à la seule charge de l’Etat». n