La note de conjoncture de l’Office national des statistiques (ONS), portant sur l’évolution de la production industrielle du secteur public au second trimestre de l’année, publiée, hier, a levé le voile sur une nouvelle contreperformance du secteur des hydrocarbures ; la énième depuis plus d’une décennie. Selon les données publiées par l’ONS, la production dans le secteur des hydrocarbures a reculé de 8,5% durant le deuxième trimestre de l’année en cours. Ce repli s’explique, essentiellement, par une chute de 10% de la production dans la branche «pétrole brut et gaz naturel» et une baisse de 6,4% dans celle de «liquéfaction du gaz naturel» et de 4,3% dans le «raffinage de pétrole». Ces contreperformances s’ajoutent à plusieurs d’autres qui ont caractérisé le secteur des hydrocarbures ces dernières années ; conséquence directe de l’état de désinvestissement que connait l’amont pétrolier et gazier et du déclin des investissements dans le secteur. L’ONS avait déjà planté le décor en pointant un important recul de l’activité dans le secteur des hydrocarbures au 1er trimestre de l’année. En effet, le secteur des hydrocarbures a connu une croissance négative de (-13,4%), contre une croissance négative de -7,1% à la même période de l’année dernière. Les prix des hydrocarbures ont connu de leur côté une forte diminution de 16,9%, ce qui implique une baisse nominale de 28% de la valeur ajoutée du secteur contre une diminution de 8% à la même période de l’année précédente, avait indiqué l’Office national des statistiques. Les contreperformances du secteur n’ont jamais atteint un niveau aussi bas et aussi problématique, suscitant moult questionnements sur les capacités de production du secteur sur le moyen et long termes, voire sur ses capacités à concilier la demande domestique et les besoins en devises. Ces contreperformances durent depuis maintenant plusieurs années, témoignant de difficultés plutôt structurelles que conjoncturelles auxquelles le gouvernement tarde à apporter les réponses adéquates. En 2019, les contreperformances du secteur se sont traduites par une baisse de -4,9% de son activité, certes de moindre ampleur par rapport à celle enregistrée l’année d’avant, soit (-6,4%), mais qui confirme la fermeté de cette tendance baissière dans laquelle s’est empêtré l’amont pétrolier et gazier. Le secteur des hydrocarbures, à l’exception d’une croissance de +1,5% au 3e trimestre 2019, a connu une contreperformance durant les autres trimestres avec -7,1% au 1er trimestre, -8,3% au deuxième et -5,3% au 4e trimestre de l’année écoulée. Ces contreperformances se sont traduites également ces dernières années par la baisse des volumes d’hydrocarbures exportés, pendant que la valeur était, elle, pénalisée par la baisse des prix du pétrole sur le marché international. Pour tenter d’inverser la tendance, une nouvelle loi encadrant l’investissement dans le secteur des hydrocarbures a été votée en décembre 2019. Cependant, les textes d’application n’ont jamais vu le jour, ce qui a fait sortir, récemment, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, de ses gonds, y voyant un retard pénalisant et préjudiciable. Qualifiant de «tare» le retard accusé régulièrement dans la publication des textes d’application des différentes lois, Abdelmadjid Attar a fait remarquer que la nouvelle loi sur les hydrocarbures «n’est pas encore entrée en application» car les 43 textes réglementaires y afférents ne sont pas encore publiés. «Le retard des textes d’application est vraiment une tare. En principe, on prépare ces textes en même temps que la loi en question, avant même qu’elle ne soit votée par le parlement, et une fois la loi adoptée, on met à jour ces textes, dans le mois qui suit ou dans les deux mois au plus tard», a-t-il fait savoir. Quarante-trois (43) textes d’application relatifs à la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en 2019, doivent voir le jour avant la fin de l’année, avait promis le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar.<