Passée la dépression du marché pétrolier et l’orage de la pandémie, le secteur de l’énergie semble retrouver le chemin de la croissance, même si le rythme de production de pétrole et de gaz demeure modeste.

par Hakim Ould Mohamed
Un retour à la normal qui a échappé jusqu’ici à l’activité raffinage qui continue de marquer le pas, selon les données communiquées, hier, par l’Office national des statistiques. En 2020, alors que la demande mondiale de pétrole et de gaz s’est sérieusement tassée des suites de la pandémie de Coronavirus, la reprise de l’économie mondiale et des cours pétroliers et gaziers mondiaux amorcée depuis le début de l’année en cours a redonné des couleurs à l’activité du secteur de l’énergie. Selon les derniers chiffres de l’ONS, la production industrielle du secteur de l’énergie a observé un relèvement de 13,0% durant la période avril-juin 2021 par rapport à la même période de l’année écoulée. La dernière note statistique en date pour le premier trimestre 2020 montrait que l’activité du secteur de l’énergie chutait de -13,4%, durement affectée par le retournement de situation sur le marché mondial ainsi que par la pandémie du Covid-19 qui gagnait du terrain dans plusieurs régions du monde. Cependant, l’activité du secteur pétrolier et gazier ne cesse de s’améliorer au fil des mois de cette année, signe d’une reprise plus rapide que prévu, même si certaines branches d’activité semblent se remettre lentement des conséquences d’une double crise Coronavirus-chute des prix du pétrole qui a marqué l’année dernière. Après une année 2020 cauchemardesque et un début 2021 mitigé, les signes de reprise se font sentir, à en croire l’Office national des statistiques. Les hydrocarbures ont ainsi connu un redressement de 3,2%, grâce à l’augmentation de la production de deux activités du secteur. La production de la branche pétrole brut et gaz naturel a ainsi progressé de +3,1%, alors que la branche liquéfaction du gaz naturel a vu son activité bondir de +9,5% d‘avril à juin 2021.
En attendant
la nouvelle loi…
Pour ainsi dire, le redémarrage est là, mais il n’y a pas de reprise totale, puisque l’activité de raffinage de pétrole brut accuse une baisse de 2,4%, précisent les données communiquées, hier, par l’organisme officiel en charge de l’information statistique. Dopé par la reprise mondiale et les perspectives d’un redémarrage post-Covid plus rapide que prévu, le secteur de l’énergie sort progressivement de la crise, même si le retour total à la normal n’est pas pour tout de suite compte tenu de la baisse des investissements dans l’amont pétrolier et gazier. Apicorp a annoncé plus tôt cette année que l’Algérie a dû reporter des investissements d’une valeur de 3 milliards de dollars dans le secteur des hydrocarbures en raison de la crise sanitaire et ses conséquences sur l’économie. Le secteur de l’énergie peut compter désormais sur l’engagement de l’Exécutif en faveur de la hausse des investissements dès l’année prochaine ; une promesse inscrite en crayon-feutre dans son plan d’action. A la mi-septembre, alors qu’il présentait, à l’Assemblée, le plan d’action de son gouvernement, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a indiqué que l’Exécutif «œuvrera à poursuivre les investissements dans l’extraction et le développement dans le secteur des hydrocarbures, en les augmentant de 7,4 milliards de dollars cette année à près de 10 milliards de dollars en 2023, ce qui permettra d’augmenter la production commerciale primaire dans la filière hydrocarbures de 187 millions de tonnes d’équivalent pétrole (TEP) en 2021 à 195,9 millions TEP en 2023». Le secteur est en attente également de la mise en œuvre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont les textes d’application ont été d’ores et déjà élaborés et validés. Il ne reste plus que leur publication pour rendre la nouvelle loi enfin applicable. Il a fallu deux années après sa présentation et validation par les deux chambres du Parlement pour que ses textes d’applications soient élaborés. n