Le Groupement des concessionnaires automobiles- Algérie (GCA) s’est adressé une nouvelle fois au chef de l’Etat en vue de débloquer la situation qui prévaut dans le secteur de l’automobile depuis 5 ans.
Dans ce qui s’apparente à cri de détresse, les signataires de la longue lettre de deux pages, ont mis en avant «une longue période d’attente» qui a plongé le secteur dans «l’immobilisme» et la «confusion», une situation due à «l’hésitation» à divers niveaux de responsabilités qui n’arrivent pas à expliquer les raisons du retard des autorisations d’agréments pour l’importation des voitures neuves.
«M. le président, nous, opérateurs demandeurs d’agréments, continuons à subir d’énormes pertes financières notamment en matière de location, les salaires et les équipements exigées dans le cahier des charges élaboré par le ministère de l’industrie», ont-ils souligné.
Les demandeurs d’agréments ont évoqué également «les pressions» qu’ils subissent de la part de leurs partenaires étrangers qui «n’arrivent pas à comprendre les raisons d’un tel retard dans l’attribution des agréments».
Affichant leur pleine adhésion à la démarche du président Tebboune pour la relance de la machine économique, les signataires de lettre se sont engagés à construire une industrie automobile locale en assurant le passage à la fabrication après une période de 3 ans à partir de la date de l’attribution des agréments.
Les membres du GCA sont revenus dans leur argumentaire sur la situation de crise qui frappe le secteur de l’automobile et les conséquences jugées «catastrophiques» du gel des importations, tout en formulant des propositions de remédiation.
Le GCA a estimé que le marché de l’automobile présente une offre qui peut gagner en accumulation, soulignant que les estimations parlent d’une demande qui atteindrait un million 300 000 véhicules en 2022 alors qu’elle était de 400 000 véhicules par an auparavant.
Les signataires du document pointent dans ce registre, ce qu’ils considèrent comme l’émergence d’une «activité informelle» dans le secteur foulant au pied toute réglementation, ajoutant que cette situation «ne garantit aucune protection du consommateur».
Ils évoquent également le fait que l’importation des voitures par les voies informelles a ouvert un boulevard pour la spéculation sur les prix, ajoutant que cette spéculation impacte aussi le pouvoir d’achat du consommateur.
Par ailleurs, la crise qui marque le secteur a impacté négativement le volume des exportations de l’Algérie à raison d’un million de dinars.
A rappeler que la Coordination nationale du patronat, (CNP), a publié début juin, une analyse du secteur de l’industrie automobile en Algérie, intitulé «Les pistes de la relance de l’industrie automobile en Algérie» dans laquelle est souligné notamment que «la tendance mondiale du taux d’intégration est en baisse et s’aligne sur une fourchette allant de 20 à 25%, comme c’est le cas en France et en Allemagne».
Or, la réglementation algérienne (Cahier des charges) exige aux opérateurs un taux d’intégration allant jusqu’à 50%, fait remarquer l’analyse, qui observe que «les constructeurs locaux doivent atteindre des taux supérieurs aux constructeurs mondiaux», souligne le document du CNP.