«Avec cette série de hausses des coûts sur les matières premières que nous importons, il nous est de plus en plus difficile de ne pas envisager d’augmenter nos prix sortie d’usine», évoquent à l’unanimité de nombreux opérateurs/transformateurs versés dans l’industrie agroalimentaire du pays, participant à la 18e édition de Djazagro, salon professionnel de la production agroalimentaire qui a ouvert ses portes depuis hier et jusqu’au 25 novembre au pavillon central du Palais des expositions des Pins- Maritimes, Safex Alger.

Par Bouzid Chalabi
Rencontrés lors de notre passage sur leurs stands d’exposition, des responsables d’entreprises nous ont avoué que malgré la revue à la hausse de leurs coûts à la production, ils essayent tant bien que mal de ne pas le répercuter sur le prix de vente aux distributeurs. Pour la responsable du stand du Groupe alimentaire du nom commercial La Belle, «si, dans un segment de notre gamme, nous avons réduit au maximum notre marge de bénéfice, dans d’autres, c’est ardu, voire même impossible». Sur ce dernier point, notre locutrice citera le cas de la margarine végétale. Et d’expliquer : «Dans sa composition, 80 % des ingrédients sont importés, et l’idée de maintenir notre prix de vente sur ce produit est irréalisable. On peut se risquer à le faire, mais pour une durée très limitée.»
De son côté, Hichem Ramdani, Directeur commercial auprès de la Sarl Dulcesol Maghreb, avec pour cœur de métier la biscuiterie molle, nous a indiqué que «depuis notre entrée en production avec notre partenaire espagnol, en 2014, notre devise est de maintenir nos prix fixes. Chose très difficile à mettre en exécution ces derniers mois, car la matière première que nous importons est de plus en plus chère sur les marchés internationaux, et le dinar a fait l’objet de dévaluation». Notre vis-à-vis nous avouera dans ce sens : « Face à cette situation et par souci de sauvegarder nos parts de marché, nous avons décidé depuis l’avènement des hausses à l’international de ne pas changer nos prix, mais de réduire le poids de nos biscuits emballés, tout en préservant leur haut niveau de qualité. Ce qui d’ailleurs les a rendus très appréciés par notre large clientèle». A propos de qualité, le Directeur commercial a tenu à nous faire savoir que « c’est là une ligne rouge car il y va de notre crédibilité auprès de notre clientèle».
Concernant les torréfacteurs, là aussi, c’est le même son de cloche. «Les cours du café sont sur une courbe ascendante et nous sommes donc appelés à revoir nos prix à la hausse. Ce qui n’est pas très évident, compte tenu de la concurrence sur le marché local du café torréfié et conditionné», selon Hadli Ahmed, Directeur commercial de la marque Cafesta. Ce dernier admet enfin que «si, jusqu’ici, dans notre secteur d’activité, on arrive à se maintenir et éviter la hausse de nos prix, c’est bien grâce à la subvention sur le café importé en sa qualité de produit de large consommation. N’empêche que les consommateurs ne devraient pas s’étonner à l’annonce d’une augmentation du prix sur les étals des commerces au détail».
Notons que le Directeur commercial du groupe La Belle, rencontré et interrogé par nos soins sur la problématique de la farine, dont se plaignent les artisans boulangers, est catégorique : «Nous livrons hebdomadairement des quantités précises aux boulangers. Des volumes qui correspondent à leurs besoins réels, comme inscrit sur leur carte d’approvisionnement auprès de notre minoterie d’Ouled Moussa, où s’approvisionne l’ensemble des boulangers de la wilaya d’Alger. C’est pour dire que l’argument avancé par certains boulangers évoquant qu’ils ne sont pas livrés en quantités suffisantes n’est pas fondé.»
Pour revenir à cette première journée d’ouverture du rendez-vous incontournable de la production agroalimentaire en Algérie, il y a lieu de souligner le nombre impressionnant de visiteurs qui ont foulé les allées des stands d’exposition, malgré la contrainte «Covid-19». Ce qui démontre, une fois de plus que Djazagro continue de gagner en matière d’audition auprès des professionnels du secteur venus d’horizons multiples et, entre autres, des vagues de jeunes à la recherche d’idées et envahissant certains stands, notamment ceux dédiés à l’équipement. C’est pour dire enfin que jusqu’à sa clôture Djazagro va attirer la grande foule. n