Le secteur de l’agriculture qui est le socle de la sécurité alimentaire est l’objet de plus en plus d’attention de la part des pouvoirs publics et le Conseil des ministres, tenu dimanche, a apporté une solution au problème des équipements dont souffrent les agriculteurs en autorisant leur importation, notamment l’importation des tracteurs de moins de cinq ans.

PAR INES DALI
Plusieurs instructions et orientations ont été données dans ce sens. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit le gouvernement à l’effet de «permettre l’importation des tracteurs agricoles de moins de cinq (5) ans, et ce, en attendant de parvenir à un équilibre entre les tracteurs fabriqués localement et ceux importés», en sus de «l’importation du matériel agricole, tous types confondus, ainsi que ses pièces de rechange, soit par les particuliers à titre individuel ou par les sociétés», est-il indiqué dans le communiqué sanctionnant la réunion du Conseil des ministres.
Pouvoir importer des tracteurs qui ne soient pas forcément neufs est une mesure à laquelle ont appelé non seulement les agriculteurs, mais également des groupements d’industriels et d’experts, soulignant qu’acheter à l’étranger du matériel rénové ne signifie pas que ce matériel est désuet, et que c’est même une pratique courante dans le monde. Ils ont également appelé à laisser le libre choix à l’acheteur, et dans le cas présent c’est l’agriculteur, qui est à même de juger de l’importation de l’équipement qui lui convient.
Concernant l’importation des équipements agricoles qui peut également s’effectuer par des sociétés – outre celle à titre individuelle -, c’est une mesure qui viendrait alléger le poids sur l’agriculteur. Car l’agriculteur dont la principale tâche est de s’occuper de la culture de la terre n’a généralement pas vocation à aller prospecter le marché extérieur pour pouvoir importer du matériel. D’où la création de sociétés pouvant importer et mettre à la disposition du monde agricole les équipements dont ils ont besoin s’avère être une solution qui rend moins périlleuse pour les agriculteurs l‘opération d’achat.
L’autre instruction donnée par le Chef de l’Etat est celle mettant en avant «la nécessité de faire sortir l’agriculture du caractère social au caractère scientifique, suivant une vision moderne qui inclut la formation et la qualification de la ressource humaine». A ce titre, il y a lieu de noter qu’outre la formation dans les instituts et grandes écoles dédiés à l’agronomie, les professionnels du secteur ont mis en exergue, faut-il le noter, qu’il faudrait envisager également une formation continue au profit des agriculteurs, devant s’effectuer notamment par le biais des chambres d’agriculture des wilayas. Ces dernières «pourraient mettre en place une politique de formation destinée aux agriculteurs, régions par région, etc. Mais cela nécessité une aide de l’Etat car les chambres d’agriculture n’ont pas les moyens de le faire seules», selon les professionnels du secteur.
L’accès à suffisamment d’eau qui reste parfois problématique a engendré des comportements qui ont recours à des pratiques illégales et qui s’avèrent souvent fort nuisibles, surtout lorsqu’il s’agit de porter atteinte à la salubrité de l’eau potable. Pour mettre fin à ces pratiques, ou du moins tenter de les atténuer, le Président a ordonné de «durcir le contrôle sur le forage non étudié des puits, qui expose les eaux souterraines potables au danger de salinité, notamment avec le stress hydrique et les changements climatiques». Par ailleurs, l’adoption de «nouvelles techniques de construction des infrastructures de stockage des récoltes agricoles en vue d’accélérer les opérations de réalisation, notamment dans les wilayas connues pour leur production abondante» a été également soulignée lors du Conseil des ministres, en sus de l’instruction visant à «changer le mode de gestion traditionnel de l’agriculture et de créer de nouvelles filières dans toutes les wilayas à l’instar de celles existant au niveau national». La création de «start-up et microentreprises pour ce qui est des huileries, même s’il s’agit juste de couvrir le marché local», est l’autre instruction qui intervient dans le contexte actuel de perturbations récurrentes dans la distribution et non dans la disponibilité de l’huile de table notamment.

Vers la création d’une Autorité portuaire
Parmi les autres secteurs abordés lors de la réunion du Conseil des ministres figurent celui des Transports, pour lequel il y a lieu de retenir l’instruction phare consistant en la création d’une Autorité portuaire. «Le Président a donné au gouvernement des instructions à l’effet de définir, dans les plus brefs délais, des mécanismes efficaces de création d’une Autorité portuaire à placer sous la tutelle d’un gouverneur ou d’un wali pour mieux définir les responsabilités, et ce, en vue d’assurer une meilleure gestion et des prestations de qualité», est-il précisé dans le communiqué.
Toujours à propos de ports, le secteur des Transports doit, par ailleurs, «moderniser le système de gestion portuaire le long du littoral, dans l’objectif de renforcer les capacités d’accostage de différents types de navires».
La situation des pêcheurs qui se plaignent souvent des espaces qui leur sont alloués au niveau des ports de pêche, ainsi que de leurs conditions sociales, a également été abordée. Il s’agit de la «mise en place, sans délais, d’un système spécifique de protection sociale en faveur des gens de la mer, comprenant l’aménagement d’espaces qui leur seront dédiés au niveau des ports et une prise en charge sous forme de coopératives», selon l’instruction présidentielle.
A propos du secteur des travaux publics, hydraulique et infrastructures de base, un «accord de principe» a été donné pour le projet de «transfert des eaux pour alimenter les habitants de la wilaya de Béchar, de Kenadsa et d’Abadla en eau potable depuis Béni Ounif, après approfondissement de l’étude technique et physico-chimique avant l’entame des travaux», a-t-on indiqué. <