La célébration de la Journée mondiale de la santé, sous le slogan «La santé pour tous», a été l’occasion de faire le point sur la situation du secteur pour en relever les carences et proposer des solutions aux problèmes en matière de couverture sanitaire.

La journée d’étude, organisée au palais de la culture Mohamed-Boudiaf avant-hier, consacrée au diagnostic précoce du cancer et à l’importance du vaccin, a été l’occasion de mettre en exergue le problème de la prise en charge des patients dans les différentes structures sanitaires de la wilaya, qui ne répond pas aux attentes des populations. Des structures sans moyens, scanners et radios en panne, rupture de médicaments, personnel non qualifié et absent, accueil des plus exécrables, outre des consultations à la va-vite où l’on fait passer les malades à la chaîne. L’hygiène des lieux laisse à désirer, des gobelets et des bouteilles en plastique traînent partout, des bancs vandalisés, des saletés jetées dans les couloirs. Le service est débordé par l’affluence des patients venus de toutes les communes de la wilaya, mais aussi des wilayas limitrophes, car encore plus dépourvues qu’Annaba.
La question de la sécurité des personnels des hôpitaux et polycliniques se pose avec acuité, au vu des agressions enregistrées, contre lesquelles jusqu’à présent aucune mesure concrète n’a été prise. Pour preuve, la semaine passée une aide-soignante a été victime d’une agression. Mohamed Nacer Daâmèche, le directeur de la santé de la wilaya, est intervenu lors de cette journée pour dire que la situation va en s’améliorant et que ses services travaillent nuit et jour pour l’humanisation des hôpitaux et de toutes les structures dépendant de son secteur.
«Il faudrait que chacun comprenne qu’il est au service des citoyens, qu’il doit recevoir et accueillir dans les meilleures conditions les patients, car ceux-ci ont besoin de nous et nous nous devons de les aider. Il faudrait que l’accueil soit des plus convenables avec un prise en charge rapide du malade de sorte à le soulager», avait-il martelé. Pour ce qui est de l’amélioration des services ainsi que l’allègement de la pression sur les structures sanitaires, le responsable annoncera l’inscription du projet de réalisation d’un nouvel hôpital de 300 lits à El Bouni (Boukhadra 3) où de nouvelles cités ont été construites. «Ce projet viendra renforcer ceux déjà en cours de réalisation à l’image de l’hôpital de chirurgie cardiaque (120 lits) et d’un service d’urgences chirurgicales de 250 lits, structures qui devront être réceptionnées au premier trimestre 2019. Avec ces nouvelles réalisations nous pourrons prétendre à un 2e CHU où la prise en charge sera bien meilleure et les formations mieux assurées sur le plan qualité», a-t-il indiqué. Cependant, l’état de santé actuel des hôpitaux n’est pas rassurant et il faudrait une thérapie de choc pour que les services reprennent un fonctionnement normal.