Pour l’expert en économie et TIC, Toufik Hantabli, la création par l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade) d’un portail virtuel des marchés publics en faveur des jeunes entrepreneurs, Safqatic, facilitera à ces derniers l’accès aux avis d’appels d’offres.

«Regrouper tous les avis d’appels d’offres en un seul endroit est une excellente initiative. Ce portail fera gagner du temps et de l’argent aux jeunes entrepreneurs et aux soumissionnaires qui étaient obligés d’éplucher tous les journaux pour s’enquérir des projets sur le point d’être lancés», explique-t-il. La méthode classique, via les journaux, sera toujours opérationnelle, précise-t-il, mais sera renforcée par ce portail qui contient tous les appels d’offres dans différents secteurs.
«Ainsi, les micro-entreprises et les start-ups seront informées de tous les projets sur le territoire national. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a, sous sa coupe, plusieurs entreprises dont Algérie Poste et GTA qui sont implantées dans les 48 wilayas. Ces entreprises ont des besoins réguliers, parfois sous forme de grands projets, tels que les travaux de la fibre optique et parfois, des mini-projets ne nécessitant pas une grande expérience ou bien de grands moyens», indique-t-il. C’est là où les micro-entreprises, les TPE et les startups sont appelées à y contribuer.
Vu les conditions exigeantes pour prendre part aux grands projets, à savoir avoir le référentiel, trois bilans au minimum et une justification de moyens humains et matériels, les jeunes entrepreneurs n’ont d’autre choix que de proposer leurs services dans des petits projets. «Ce portail leur facilitera la tâche pour accéder à ces projets qui leur permettront de gagner en expérience, de construire leurs bilans et leurs références tout en développant leurs ressources au fur et à mesure», assure-t-il. Par ailleurs, souligne-t-il, comme les opérateurs économiques d’envergure ne s’intéressent qu’aux projets de grosse pointure et rentables, ils ne feront pas de l’ombre aux petites entreprises. «C’est une chance pour les micro-entreprises et start-ups. Cependant, certains projets dans les TIC, relatifs à la numérisation ou à la modernisation du réseau, nécessitent parfois une compétence spécifique. Dans ce contexte, il serait judicieux de soutenir les jeunes entrepreneurs par des formations au niveau des différentes écoles régionales du secteur des TIC», propose-t-il.
Dans ce secteur surtout, affirme-t-il, il y a beaucoup de petits projets qui ne nécessitent pas de gros moyens de la part des entreprises. Il renferme de grosses opportunités pour les jeunes entrepreneurs. «A titre d’exemple, dans ce secteur, les directions de wilaya ont des besoins réguliers en matière d’imprimantes. Ce marché représente en moyenne entre 3 et 4 millions de dinars si l’on compte le certificat de garantie et les supports. Pour une grosse entreprise, ce marché ne vaut pratiquement rien, mais pour une petite entreprise, c’est une entrée considérable», fait-il savoir. De même que dans les raccordements de foyers, dont les projets sont généralement pris en charge par les micro-entreprises. «Dans ce domaine, quand les directions opérationnelles d’Algérie Télécom lancent des appels d’offres, ce sont surtout les micro-entreprises qui proposent leur candidature», constate-t-il.
En conclusion, ce qu’il faut retenir, selon lui, c’est que tous les secteurs économiques ont besoin des petites entreprises et si ces dernières passaient souvent à côté des projets qu’elles pouvaient prendre en charge, c’est par manque de communication, qui sera réglée grâce à Safqatic. <