Le Directeur général de la pêche Taha Hammouche table sur une production halieutique de 115 000 tonnes, soit une petite augmentation par rapport au volume pêché en 2017, où il avait été enregistré près de 10 5 000 tonnes.

Certes, on est encore loin des 200 000 tonnes nécessaires pour réguler le marché du poisson, dont les prix se sont envolés ces dernières années. Un déficit qui va être comblé en grande partie, selon le directeur général. Comment ? Selon Hammouche, qui s’exprimait lors de son passage hier au Forum d’«El Moudjahid», deux facteurs vont le permettre. « La stratégie de développer l’aquaculture marine est en marche. En témoigne les 65 projets réalisés dans ce domaine qui sont entrés en production alors que 60 autres sont en cours de réalisation. Et d’ajouter que des projets du même type ont reçu l’aval du comité national pour le développement de l’aquaculture » a-t-il avancé. Toujours à propos d’investissement dans ce secteur d’activité, le directeur général a tenu à faire savoir qu’un grand projet est en cours de réalisation dans la wilaya qui consiste en la mise en mer de 40 cages pour un montant d’investissement de l’ordre de 1 000 millions de dinars dont 50% sur fonds propre. « C’est pour vous dire tout l’engouement des hommes d’affaires pour ce secteur d’activité », a-t-il confié. Second facteur et non des moindres, « les eaux territoriales algériennes s’étendent sur 12 500 miles marins au lieu de 12 000 auparavant. C’est donc de nouveaux périmètres de pêche réservés exclusivement aux marins pêcheurs locaux et par voie de conséquence, les fréquences de sortie en mer de la flottille de pêche nationale seront plus nombreuses et, par ricochet, un volume de pêche plus important », a indiqué l’invité du Forum. En somme, pour M. Hamouche, « l’impact de ces deux facteurs sur le marché du poisson sera visible à partir de l’année prochaine car il faudra s’attendre à ce que les étals des poissonneries soient garnis en grande partie par la production aquacole du pays », a-t-il rassuré. Autre sujet abordé par ce responsable, celui du corail rouge qui, rappelons-le au passage, a fait et continue de faire couler beaucoup d’encre compte tenu que la pêche de cet organisme marin, malgré son interdiction, fait l’objet de braconnage à grande échelle. Selon M. Hammouche, « il ne reste plus que deux décrets relatifs au service douanier pour que l’arsenal juridique soit complet et ainsi autoriser le retour à la pêche de cette importante ressource qui doit être mise à l’abri de la convoitise du braconnier ». Concernant les quotas de pêche de thon rouge, il a tenu à rappeler que le tonnage de pêche qui était de 700 tonnes à l’époque a été revu à la baisse par décision de l’OIPTR le fixant, en 2015, à 460 tonnes. « Mais après avoir reçu l’aval de cette institution, nous avons pu pêcher cette année 1 650 tonnes », a rapporté le directeur général. A propos de l’espadon qui, lui aussi, est sous le coup d’une régulation de sa pêche par décision de cette même instance depuis qu’il a été constaté qu’en Méditerranée, la population d’espadon s’est amoindrie ces dernières années, il dira que le quota qui a été accordé à l’Algérie « correspond à la moyenne de pêche de cette espèce de poisson réalisée ces dernières années ». Et de préciser : « L’institution a tenu en compte que notre pays n’a jamais été un grand pêcheur d’espadon.» Hammouche s’est aussi prononcé sur l’aquaculture saharienne. Selon lui, elle connaît aussi un début d’engouement chez certains investisseurs des environs. « Mais c’est surtout du côté des exploitants agricoles que l’on a constaté un véritable intéressement à cette activité », a-t-il rapporté.

D’après lui, cela s’explique par le fait que ces bassins leur servant de réservoirs d’irrigation et dans lesquels ils ont élevé leurs poissons étaient à l’origine du surplus de récolte. Interpellé par «Reporters» sur la problématique du fardage et de voir toujours utiliser des caissettes en bois alors qu’elles sont interdites, Hammouche s’est défendu en disant que pour lutter contre cette pratique de fardage et d’utiliser encore des caissettes. « Il faut que toutes les parties prenantes soient impliquées ». Il terminera son passage au forum par rassurer qu’à court terme, le marché du poisson va connaître une baisse des prix avec l’arrivée importante de la production aquacole. C’est ce que demandent les consommateurs qui n’arrivent même pas à se payer la sardine tant elle devenue inabordable pour les petites bourses, sauf rare exception.