Le pouvoir judiciaire est une «importante force institutionnelle qui veille à la consécration des droits et des libertés et à l’application de la loi sur les bases de justice et d’équité et dans le respect de la dignité et des droits de l’Homme», a déclaré, mardi, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Slimane Brahmi.
A l’ouverture des travaux de la 1re session ordinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) de l’année 2019, Brahimi, qui est également vice-président de cette instance, s’est exprimé pour situer le rôle du secteur dont il a la charge dans cette conjoncture spéciale, marquée par un emballement inédit de l’appareil judicaire à l’égard notamment de plusieurs hommes d’affaires et ex-hauts responsables dans les sphères décisionnelles du pays, impliqués dans des affaires de corruption et mis en détention provisoire.
C’est sur les dossiers de scandales économiques nés sous l’ère Bouteflika que le ministre de la Justice semble avoir choisi d’orienter son intervention, d’autant qu’il n’a pas manqué de faire remarquer que la tenue de cette cession du CSM intervient dans un contexte «exceptionnel» dans lequel «la justice est investie de grandes responsabilités qui en font l’un des principaux acteurs institutionnels sur lesquels on mise pour gérer au mieux l’étape actuelle telle qu’escomptée par la nation». Il dira, aussi, que son secteur demeurera le « point d’ancrage » pour la réalisation des objectifs majeurs auxquels aspire le peuple algérien avec l’accompagnement d’une magistrature «compétente» et «exempte de toute subjectivité». Une réponse indirecte, mais assez explicite, aux accusations portées contre l’autorité judiciaire, soupçonnée de s’être mise en branle sous l’effet d’ordres extra-muros visant plus des règlements de comptes que d’assainir le pays des corrompus qui ont fait de l’Algérie leur paradis durant ces deux dernières décennies. Abondant dans le même sens, Slimane Brahmi s’adressera aux membres du CSM pour déclarer que cette instance «de par ses prérogatives et l’arsenal juridique dont elle dispose, pourrait proposer des recommandations aux fins d’améliorer la qualité de la formation continue et de l’organisation judiciaire, en mettant en place les normes requises pour confier les responsabilités dans certaines fonctions de qualité».
«Il existe une élite judiciaire capable de concrétiser les objectifs tracés et de s’adapter aux derniers développements sur la scène nationale, une élite investie de lourdes missions et sur laquelle de grands espoirs sont fondés», a-t-il conclu. A noter que lors cette même session, le CSM a approuvé plusieurs décisions relatives à la nomination de magistrats, indique-t-on dans un communiqué. «Le Conseil a étudié et approuvé notamment la nomination de 30 magistrats, conformément à l’article 3 du statut de la magistrature, la mise en disponibilité de magistrats, le détachement de deux magistrats et la fin de détachement pour sept magistrats», a précisé le communiqué. Le Conseil a, également, «étudié d’autres points inhérents à la carrière des magistrats», ajoute la même source, soulignant qu’il a été procédé à l’installation des membres du Conseil, suite au renouvellement de la moitié de membres élus et désignés, et l’adoption de l’ordre du jour de la session, présenté conformément à l’article 45 du règlement intérieur. Le Conseil a procédé, également, lors de cette session, à l’élection des membres du bureau permanent, en remplacement des membres sortants.