Une réforme bancaire « importante » dans le plan d’action du gouvernement qui sera présenté à l’Assemblée populaire nationale demain. Cette réforme passera notamment par la mise à la disposition des clients des instruments de paiement électronique, en vue de réduire les transactions en espèces.
Le gouvernement prévoit également d’encourager les institutions bancaires et d’assurances à « diversifier l’offre de financement par la dynamisation du marché du crédit, la généralisation des produits financiers et le développement du marché obligataire », indique le texte contenant son programme. Cette démarche vise une « large inclusion financière » qui permettra « d’assécher les liquidités prospérant hors circuit bancaire et les canaliser vers les activités formelles », souligne document.
Ainsi, les institutions bancaires et d’assurances seront soutenues pour encourager l’innovation financière, la distribution de produits financiers novateurs, y compris la mise sur le marché de titres dans le cadre du financement alternatif comme les « soukouk » en plus de développement des réseaux du paiement électronique.
Les banques seront appelées aussi à améliorer, sous l’autorité et le contrôle de la Banque d’Algérie, le suivi et le recouvrement de leurs créances.
Il est utile de rappeler que la réforme du secteur bancaire et des assurances est annoncée depuis des années, sans pour autant avoir été réalisée à ce jour. Pis encore, le secteur bancaire traverse actuellement une zone de turbulence qui ajoute fortement aux difficultés du paysage économique nationale.
Le développement de l’activité boursière fait partie également des missions que s’est assignées le gouvernement. Dans cette logique, une attention « particulière » sera accordée au développement de cette institution, et ce dans le but de « lui faire jouer un rôle essentiel dans le financement de l’entreprise ainsi qu’à la dynamisation des marchés de capitaux améliorant ainsi l’efficacité globale du système financier et l’allocation des ressources financières », souligne le plan d’action.
Pour ce qui est de la réforme budgétaire, il est prévu de rétablir la « discipline et la rigueur budgétaires » qui se traduiront, à terme, par la consécration de la performance de la dépense et son adéquation avec les ressources financières disponibles.
Il est également prévu d’instaurer un procédé de suivi et d’évaluation économique de toute mesure sollicitant le budget de l’Etat, à la faveur de la généralisation du système d’information et de gestion budgétaire à tous les départements ministériels, ce qui confortera la mise en place du cadre de dépense à moyen terme et du cadre budgétaire à moyen terme, deux outils indispensables pour l’élaboration d’une trajectoire budgétaire pluriannuelle, selon le plan d’action. En outre, le gouvernement compte mettre en œuvre une réforme « graduelle et globale » des subventions, dont le niveau avoisine actuellement 25 % du Produit intérieur brut (PIB), par la mise en place d’un système de ciblage des populations les plus vulnérables. Evoquant, par ailleurs, le renforcement des capacités de l’Etat en matière d’outils d’aide à la décision, le gouvernement prévoit de finaliser l’étude stratégique intitulée « Vision Algérie 2035 » destinée à servir de cadre référentiel fondamental pour les différents secteurs. Le projet prévoit aussi le développement d’un système national d’information statistique, économique et sociale, intégrant les normes de transparence, d’actualisation et d’authentification des données et leur fluidité au profit des agents économiques et des institutions de l’Etat. Dans ce cadre, l’outil statistique « bénéficiera d’un renforcement substantiel en moyens humains et matériels » dans le but d’améliorer l’efficacité de l’action économique de l’Etat, tributaire de ses capacités de prévision.
« La réalisation prochaine du recensement général des populations et de l’habitat constituera un jalon important apportant une meilleure visibilité, en appui des travaux sur les perspectives de l’évolution de l’économie algérienne et la réalisation de la +Vision Algérie 2035+ », est-il expliqué.