Les quantités de monnaie hors circuit bancaire, elles, ne cessent d’augmenter selon les dernières indications à fin 2020 de la Banque centrale.

Alors que la liquidité bancaire reprenait sa tendance baissière en 2020, l’épargne s’érodait et les quantités de monnaie en circulation hors circuit bancaire a augmenté. Cela signifie que l’argent est de moins en moins bancarisé, alors que l’usage des leviers monétaires afin de libérer la liquidité n’a pas eu l’effet escompté, ou du moins maigrement, puisque le niveau de la liquidité a légèrement augmenté au dernier trimestre de 2020 comparativement aux trois premiers trimestres de la même année. C’est ce qui ressort de la situation de la banque centrale à fin 2020, publiée hier. En chiffres, la banque centrale a indiqué que la liquidité bancaire a chuté à 632,3 milliards de dinars à fin 2020, avec une amélioration au cours du dernier trimestre après une baisse plus prononcée durant les neuf premiers mois de l’année dernière. La liquidité bancaire globale est effectivement passée de 1.100,8 milliards de dinars à fin 2019 à 461,8 milliards de dinars à fin septembre 2020, «corrélativement au déficit courant de la balance des paiements et aux impacts économiques de la pandémie Covid-19», lit-on dans un communiqué diffusé, hier, par la banque centrale. Cette institution précise que l’amélioration de la liquidité en fin d’exercice s’explique par «les mesures de politique monétaire décidées par la Banque d’Algérie en matière de baisse du taux des réserves obligatoires, de l’augmentations des seuils de refinancement des titres publics négociables, de l’allongement de la durée du refinancement de 7 jours à un (1) mois et de la satisfaction totale des demandes de refinancement des banques». Le précédent exercice, faut-il le rappeler, a été marqué par les multiples interventions de la banque centrale, tantôt sur le taux des réserves obligatoires, tantôt sur le taux directeur et la valeur du dinar. Quoi qu’il en soit, même si la liquidité bancaire s’est rétrécie, la banque centrale assure que les établissements bancaires de la place demeurent solvables, soulignant, à ce propos, qu’au 30 septembre 2020, le coefficient de solvabilité global était de 18%, tandis que celui des fonds propres de base s’établissait à 14%. Des niveaux qui, selon l’institution monétaire, sont «largement supérieurs aux minimas réglementaires exigés», à savoir au moins 7% pour le coefficient des fonds propres de base et 9,5 % pour le coefficient de solvabilité, calculé sur la base des fonds propres réglementaires. Le coefficient de liquidité global à un mois, au 30 septembre 2020, se situe, en revanche, à 94,03%, ainsi, à un niveau supérieur au minima de 60% prévu par l’instruction 05-2020 du 6 avril 2020, portant mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et établissements financiers, détaille la banque centrale. Par ailleurs, ses indicateurs font ressortir une hausse de la masse monétaire en circulation en dehors du circuit bancaire, ainsi qu’une baisse nette de l’épargne. En effet, la masse monétaire (M2) a augmenté de 7,12% à fin 2020, après avoir enregistré un recul de 0,78% à fin 2019, ce qui reflète une reprise de l’expansion de la masse monétaire au sens large M2, selon la Banque d’Algérie qui l’a estimée à 17.682,7 milliards de dinars à fin 2020 contre 16.506,6 milliards de dinars à fin 2019. La circulation fiduciaire hors banques a grimpée de 12,93%, passant de 9.437,6 milliards de dinars à fin 2019 à 6.140,7 milliards de dinars à fin 2020. Les quantités de billets et pièces de banque en circulation hors circuit bancaire pèsent pour 34,73% dans la masse monétaire M2 à fin 2020 contre 32,94 % à fin 2019. Les dépôts à vue ont diminué de 3,22%, une baisse moindre que celle enregistrée à fin 2019 (-19 %), souligne la même source, précisant que ces dépôts sont passés de 4.351,2 milliards de dinars à fin 2019 à 4.211 milliards de dinars à fin 2020. Les dépôts à terme ont enregistré, en revanche, une croissance positive de 3,98% pour l’année 2020 contre une hausse de 5,71 % une année auparavant. Les crédits à l’économie ont, par ailleurs, augmenté de 3,05% en 2020 contre 8,84% en 2019, passant de 10.857,8 milliards de dinars à fin 2019 à 11.188,6 milliards de dinars à fin 2020. Ces indicateurs font ressortir une situation pleine de contrastes, faisant apparaitre une baisse de la liquidité globale des banques, n’entamant point leur solvabilité. Cependant, la hausse des quantités de monnaie en circulation hors banques ainsi que la baisse de l’épargne sont des indicateurs à surveiller de plus près, car indiquant l’évolution du comportement des épargnants par rapport aux banques et aux mesures monétaires prises par la banque centrale. <