Le Ballon d’Or 2018 sera dévoilé le 3 décembre. A une semaine de l’annonce du vainqueur, les rumeurs vont bon train quant à son identité. Luka Modric ou Antoine Griezmann l’emporterait ? De simples supputations pour «France Football», créateur de l’emblématique récompense qui doit relever un sacré défi : préserver le suspense dans un monde où la fuite est reine.

L’heure de vérité approche. Après dix ans de règne sans partage du duo Ronaldo-Messi, le Ballon d’Or 2018 devrait faire souffler un vent de nouveauté sur la planète football. L’identité du vainqueur sera connue le 3 décembre, mais depuis le 9 novembre et la clôture des votes, il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’une rumeur affole Internet. Deux noms de lauréat ont ainsi circulé sur la toile, un revenant avec plus d’insistance que l’autre.
Jamais deux sans trois ? Déjà crédité du titre de joueur UEFA puis de celui de la FIFA de l’année, Luka Modric signera le triplé si l’on en croit la chaîne de télévision espagnole Cuatro. Catégorique, cette dernière a annoncé jeudi dernier que le Croate allait succéder à CR7 au palmarès de la plus prestigieuse des récompenses individuelles.
Mais d’où proviennent ces supposées informations ? De nulle part et c’est bien là le problème pour Pascal Ferré. Un tantinet blasé au moment de répondre aux questions d’Eurosport.fr, le rédacteur en chef de «France Foot» taxe purement et simplement les on-dit de «grosses escroqueries». «C’est tous les ans la même chose : tous ceux qui ne savent rien parlent», déplore-t-il. «Quand le classement sortira, on verra qu’énormément de personnes ont raconté de belles saucisses. C’est la même petite comédie qui se répète, mais cette année, c’est pire que d’habitude.» En cause, un scrutin plus ouvert alors que ni Ronaldo ni Messi ne devraient enrichir leur collection d’une sixième sphère dorée.
«Trois personnes seulement sont au courant du nom du vainqueur»
Du coup, la fin annoncée de l’hégémonie des deux légendes vivantes ouvre la porte à toutes les hypothèses. «Un jour, c’est Griezmann qui est en tête, le lendemain c’est Varane, le surlendemain c’est Modric puis après il y a la surprise Mbappé. C’est drôle, mais tout cela n’est étayé par rien du tout. Ce n’est pas du journalisme», regrette Ferré. «Toutes ces imbécilités, ces idioties qu’on a pu lire à gauche, à droite… Franchement, ce n’est pas à la gloire du journalisme que de lire autant de conneries depuis trois semaines.»
«S’il y a une vingtaine de personnes à sortir un nom différent, il y en a forcément une dans le lot qui aura raison, mais ça ne s’appuie sur rien du tout, si ce n’est de la chance, dans la mesure où personne ne peut avoir accès au décompte final», renchérit Ferré. Et pour cause. «On a le culte du secret, trois personnes seulement sont au courant du nom du vainqueur, des protocoles de confidentialité existent», précise-t-il. Le journaliste est lucide malgré tout : «On ne va pas faire les malins. Plus on va se rapprocher de la date de bouclage, plus ce sera compliqué de préserver le secret, mais on a une petite expérience qui fait qu’on y arrive ou qu’on essaie d’y arriver. Le risque zéro n’existe pas mais à une semaine de la proclamation des résultats, tout ce qui sortira d’ici-là continuera d’être totalement fantaisiste.» Vous voilà prévenus