Les Maliens vont voter aujourd’hui au second tour de l’élection présidentielle et devront définitivement choisir qui de Ibrahim Boubacar Keïta ou bien Soumaïla Cissé sera le président de la République pour les cinq prochaines 

années.

Sans surprise le premier tour avait fait ressortir un duel entre les deux hommes ; le président en exercice et le chef de l’opposition. Selon les résultats définitifs du premier tour publiés mercredi par la Cour constitutionnelle du Mali, Keïta a obtenu 41,70 % des voix, Cissé ne remportant que 17,78 %. La campagne en vue du scrutin a pris fin vendredi. Les deux camps disent être confiants pour la victoire. Les partisans du président IBK ne se font aucun doute : « l’écart entre Ibrahim Boubacar Keïta et son adversaire est tellement immense que tout individu qui réfléchit bien verra une victoire du président sortant ». Ce que récusent les proches de son adversaire qui estiment le fait d’avoir contraint le candidat sortant à un second tour est un signe. « Nous restons mobilisés pour la victoire. Nous avons confiance en nous-mêmes, j’invite les électeurs ayant voté pour l’opposition au premier tour et ceux qui n’ont pas pu voter à se mobiliser pour une victoire éclatante autour du projet d’alternance que j’incarne », a affirmé le chef de l’opposition. Les Maliens sont coutumiers de cette situation. Soumaïla Cissé dispute le second tour de l’élection présidentielle malienne pour la troisième fois. Cette troisième sera-t-elle la bonne ?

L’enjeu de la sécurité

Du côté du président sortant, l’heure est à la confiance. « Nous avons un état d’esprit combatif et conquérant. Nous avons eu un très beau score au premier tour. Notre candidat est arrivé largement en tête, ce qui a créé autour de nous une dynamique. Le rassemblement se fait sur la base des principes et valeurs portés par notre candidat », a déclaré Mamadou Camara, le porte-parole d’IBK. « Il a appelé au rassemblement, sur la base de son bilan, qui est positif. Le second mandat aurait pour vocation de préserver les acquis et de consolider les succès », ajoutera-t-il. Le candidat élu président de la république du Mali devra assurer la sécurité dans le centre et le nord du Mali, que l’Etat a du mal à contrôler. La situation dans le nord notamment reste confuse que même l’intervention des troupes françaises n’aura pas aidé à définitivement stabiliser. Ibrahim Boubacar Keïta, âgé de 73 ans, historien de formation, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, avait été élu avec 77 % des voix en 2013, face à ce même Soumaïla Cissé. Ce dernier, ingénieur de formation, âgé de 68 ans, a dirigé pendant plusieurs années la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui regroupe huit pays de la région. A cause de l’insécurité dans le centre et le nord du pays, le vote n’a pas eu lieu dans plus de 800 bureaux de vote. Pour assurer un bon déroulement du scrutin dans ces deux parties du pays, 5. 000 éléments supplémentaires seront déployés dans les centres de vote, selon les autorités. Un défi pour l’Etat malien et son nouveau président qui auront fort à faire avec le dossier de la sécurité comme mission primordiale.