PAR NAZIM BRAHIMI
Nourrit-il des ambitions de briguer un second mandat à la tête de la magistrature suprême en décembre 2024 ? Le président Tebboune a affirmé jeudi dernier qu’il est «trop tôt d’en parler» dans un propos qui évacue la question, du moins dans l’immédiat.
C’est-à-dire jusqu’à ce que l’échéance arrive, soit à quelques mois avant l’expiration du mandat en cours entamé voilà juste trois ans et qui verra, comme le veut l’habitude, les prétentions et les ambitions présidentielles s’inviter dans les espaces publics ou du moins dans les coulisses des milieux politiques.
Interrogé sur cette question lors d’une entrevue avec des représentants de médias nationaux, diffusée jeudi soir sur les chaînes de télévision et stations de radio nationales, le Président Tebboune a répondu qu’il était encore «trop tôt d’évoquer un deuxième mandat» à la magistrature suprême et que sa «préoccupation consiste en l’achèvement de la concrétisation de ses engagements».
«Je n’ai aucune réponse et je n’y pense même pas. Nous sommes à deux ou trois mois au-delà de mi-mandat et c’est plus que trop tôt d’en parler», a affirmé le Président Tebboune, lequel a ajouté que «l’essentiel, c’est qu’il reste encore deux années pour terminer et concrétiser mes engagements et c’est au peuple de juger par la suite».
Jugeant ainsi trop prématuré d’évoquer l’option de le voir briguer un second mandat présidentiel, Tebboune a estimé que «chaque chose viendra en son temps».
Ceci équivaut, suggère-t-il, à ne «pas griller» les étapes à deux ans du prochain scrutin présidentiel en restant «concentré» sur ce qu’il y a lieu d’accomplir dans sa fonction présidentielle, d’autant plus qu’il a déclaré «ne pas être satisfait à 100% de tout ce qui a été réalisé jusque-là».
La précision de Tebboune quant à ses intentions de briguer un second mandat de président de la République était, selon toute vraisemblance, nécessaire au vu de ce que suggéraient de comprendre des écrits de canaux officiels notamment dans le sillage de la célébration de 3 ans de son règne au Palais d’El Mouradia.
Dans le sillage, il y a eu, le 14 décembre, des «sources autorisées» qui ont assuré aux quotidiens El Khabar et El Watan que le président Tebboune n’avait pas l’intention de succéder à lui-même, dans un message qui a pour objectif d’étouffer la thèse qui attribue au chef de l’Etat des ambitions de se maintenir à la tête du pouvoir.
«L’Algérie a réussi, au cours des trois dernières années, sous la conduite du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à mener à bien une expérience démocratique et de développement pionnière à partir d’une transition politique harmonieuse conforme aux principes constitutionnels et à la volonté populaire et d’une relance économique basée sur la valorisation des capacités nationales et la libération des initiatives et des énergies de la jeunesse», a écrit l’agence officielle début décembre.
«Cette expérience a été mondialement louée par plusieurs organismes onusiens et laboratoires de recherche spécialisés qui ont été unanimes à saluer, à travers les différents rapports et observations publiés, les résultats positifs des chantiers de réforme entamés par M. Abdelmadjid Tebboune, après avoir été élu président de la République en décembre 2019, et ce, à travers une stratégie globale fondée sur une vision politique claire à laquelle a adhéré le peuple algérien et les différentes forces vives du pays», a ajouté la même source.
A propos du gouvernement Benabderrahmane, le chef de l’Etat a affirmé jeudi dernier que «l’évaluation de staff gouvernemental répond aux impératifs de résultat», affirmant «ne sacrifier aucun cadre sur la base des critiques qu’il essuie».
Il a considéré, dans le même cadre, que l’année 2023 serait celle de la consolidation et de la consécration des réalisations accomplies ces dernières années. <