Par Bouzid Chalabi
On le sait, l’Algérie compte certes 80 barrages, mais un grand nombre connaît un niveau d’envasement malheureusement élevé qui réduit considérablement leur capacité réelle de stockage. Une problématique qui se pose avec beaucoup d’acuité quand il s’agit d’assurer les besoins en consommation d’eau potable des populations.
Devant une telle situation, le ministère des Ressources en eau a lancé des opérations de désenvasement qui pourront à l’avenir optimiser leur niveau de remplissage. C’est ce rapporte un communiqué du ministère des Ressources en eau, repris hier par l’APS. Selon cette même source, le volume de retrait de vase, visé dans un premier temps, s’élève à 11 millions de mètres cubes. Les barrages concernés par une épuration sont Fergoug, dans la wilaya de Mascara, où il est question de retirer de son lit 2 millions de mètres cubes de vase, le Gharib (wilaya d’Aïn Defla) avec 4 millions de m3 d’alluvions et, enfin, 5 millions m3 dans le barrage d’El Hamiz, wilaya de Boumerdès.
Toujours selon cette même source, des opérations similaires sont prévues et vont consister à enlever environ 33 millions m3 dans 6 autres barrages. Pour le détail, le barrage de Foum El Ghezala (wilaya de Biskra) où seront retirés 8 millions m3, Zardaza (Skikda) 5 millions m3, Djorf Torba (Béchar) 5 millions m3, Marjet Sidi Abed (Relizane) 5 millions m3, Qais (Khenchela) 5 millions m3 et, enfin, le retrait de 5 millions m3 dans le barrage de Bouhanifia (wilaya de Mascara).
Il est mentionné par ailleurs dans le communiqué que les opérations de désenvasement s’inscrivent dans le cadre des efforts du ministère des Ressources en eau. On apprend également que le ministère, dans la but d’endiguer quelque peu le phénomène de l’envasement des barrages du pays, a procédé au reboisement des bassins versants afin de stopper l’érosion des sols aux abords des barrages. Une mission dévolue à l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT). Laquelle va se charger de planter 350 000 arbustes notamment sur les bassins versants des barrages récemment réceptionnés.
Cela dit, il importe de savoir que le phénomène de l’envasement des barrages, par la situation géographique du pays (zone semi-aride), constitue un enjeu d’envergure nationale. En effet, selon une récente étude qui a concerné 57 grands barrages, le pays perd par envasement 45 à 50 millions de mètres cubes chaque année, dès lors où les ouvrages se transforment de plus en plus en réceptacle de vase que d’eau. Ce qui conduit à des volumes de retenues d’eau conventionnelles très en deçà des capacités d’emmagasinement des barrages. L’étude fait également ressortir que le phénomène de l’envasement s’est accéléré à partir des années 2000 et plus particulièrement à partir de 2003. <