«Il va falloir de plus en plus rapidement arbitrer entre les besoins du marché intérieur et la rente» en matière d’énergie, dira l’ancien P-DG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, observant que les recettes pétrolières représentent 97% des exportations, 60% des recettes budgétaires de l’Etat et le tiers du PIB de l’Algérie.

 

Lors de l’émission «l’invité de la 3» l’ancien ministre expliquera que Sonatrach, en plus de continuer à commercialiser du pétrole et du gaz à l’état brut, entend de plus en plus transformer ces derniers en produits diversifiés potentiellement exportables. Un projet visant à débuter l’exploitation du mégagisement de fer de Gara Djebilet, au sud-ouest de l’Algérie, à propos duquel seule cette société possède les capacités humaines et financières lui permettant de s’y investir, selon Attar. Parallèlement à son implication dans le domaine des énergies renouvelables, Attar rappelle que Sonatrach poursuit ses activités d’exploration visant à mettre à jour de nouveaux sites pétroliers et gaziers, en même temps qu’elle ambitionne de développer
l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, tels le gaz et le pétrole de schiste. Il rappellera que l’Algérie se classe aujourd’hui en troisième position, derrière la Chine et l’Argentine, en matière de capacités de gaz de schiste. «L’Argentine, qui a déjà commencé à produire» fera remarquer Attar. Relevant que le pays consomme une bonne partie de l’énergie qu’il produit, l’intervenant estime que, pour autant, celui-ci doit penser à assurer sa sécurité énergétique. Pour cela, dit-il, il va lui falloir arbitrer entre «les besoins du marché intérieur et la rente».
Attar estimera que cet arbitrage devrait pouvoir se réaliser, soit par le biais d’une économie d’énergie obligeant à rationaliser la consommation, soit en développant à grande échelle les énergies renouvelables. L’on n’arrête pas d’annoncer depuis 2011, constate-t-il, «de réaliser 22 000 mégawatts, alors qu’on en est toujours à 500 mégawatts». Pour lui, c’est encore sur Sonatrach qu’il faudra compter pour faire démarrer les chantiers de production des énergies renouvelables. «Le gaz va être la principale source d’énergie à l’avenir» dira-t-il, d’autant que «le monde va être de plus en plus électrique ; en 2040, la majorité du parc automobile mondial sera électrique». Le gaz sera la source d’énergie de transition, «c’est pour ça qu’il faudrait vite développer le gaz de schiste, nous l’espérons, dans un avenir très proche», plaide Attar. «Aujourd’hui, le secteur des hydrocarbures vit une panique, le marché offres et demandes est chamboulé et on ne voit rien venir», il faudrait absolument libérer le gaz de son indexation aux prix du pétrole», ajoutera-t-il. Commentant la prochaine réunion de l’Opep, particulièrement attendue et qui devrait être consacrée aux prix du baril de brut, il dira que la situation demeure extrêmement difficile pour trois raisons, «la récession mondiale, l’épuisement des réserves et la résistance du charbon», c’est pour cela que le taux de croissance du pétrole tend à baisser. Si, poursuit-il, son coût venait à se stabiliser autour des 70 dollars, ce serait alors «un miracle». Cette réunion va être beaucoup plus importante que celle d’Alger, dira-t-il d’autant que le marché est désorienté à cause de «plusieurs facteurs géopolitiques en plus du facteur économique». «Cette réunion va être décisive, tout le monde en est conscient, Opep et non-Opep, les économies de ces pays dépendent de cette rente, ils seront obligés de trouver une solution», ajoutera l’ancien P-DG de Sonatrach. Ce dernier fera remarquer que «l’Arabie saoudite devrait se soumettre aux orientations de Donald Trump qui devrait être le nouveau facteur qui définit le prix du pétrole à l’avenir. Il est évident que ce dernier veut que les prix ne dépassent pas les 50 dollars», dira Attar.