PAR NAZIM BRAHIMI
Coup d’envoi. Le processus électoral devant aboutir au renouvellement des membres de l’APN aborde, à partir d’aujourd’hui, une de ses importantes étapes, à savoir l’entame de la campagne électorale pour les législatives du 12 juin prochain dans laquelle sont engagées près de 1 500 listes dominées par les indépendants. La semaine écoulée a été ainsi marquée par l’accélération des préparatifs sous l’égide de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) qui passe, à l’occasion, son troisième test après la présidentielle de décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er novembre 2020. Mais elle a été aussi marquée par la montée de la tension dans l’espace public notamment depuis la note du ministère de l’Intérieur qui soumet toute manifestation populaire à une déclaration et une demande d’autorisation préalable. La note ministérielle a été suivie par le renforcement du dispositif de sécurité visant à empêcher les marches hebdomadaires, ainsi que par la série d’arrestations enregistrées vendredi dans une évolution critiquée par les acteurs politiques de l’opposition, les avocats et les animateurs du mouvement populaire.
Pour leur part, les formations politiques engagées dans la course électorale se sont mises dans le vif du sujet avant l’heure, particulièrement pour certaines qui ont multiplié sorties publiques et déclarations politiques. Et si les partis de l’ancienne alliance gouvernementale (FLN-RND) se font moins ambitieux que d’habitude, excepté leur montée au créneau contre l’instance de Charfi coupable, à leurs yeux, d’avoir « éliminé » certaines de leurs listes, d’autres partis affichent de l’entrain et de l’enthousiasme.
C’est le cas du MSP dont le président Makri a affirmé, avant-hier, que le parti sera en course dans 56 wilayas à travers des listes à 50% de jeunes. Le chef islamiste a présenté à cette occasion le programme électoral de son parti intitulé « le rêve algérien » qui s’articule autour de cinq axes majeurs. Sa vision générale repose, selon M. Makri, sur « des élections libres et régulières qui produisent des institutions légitimes et crédibles », proposant dans ce sens de « lancer une vaste initiative de dialogue avec la participation des partis vainqueurs au Parlement avec les forces participantes et non participantes aux élections, sous le patronage du président de la République ». L’objectif, a-t-il expliqué, est de parvenir à « un pacte national inclusif qui préserve les droits et assure la transition démocratique, tout en garantissant la mise en œuvre réelle du consensus national à travers un gouvernement d’union nationale ».
Pour sa part, le parti Jil Jadid, par la voix de son président Soufiane Djilali, a mis les bouchées doubles pour réussir sa première participation au jeu électoral, estimant que le 12 juin prochain sera le «début du changement et non le changement». «Tout le monde sait que le préalable aux réformes, c’est la stabilisation des institutions. Un changement ne peut pas parvenir sur une simple décision ou par décret. Cela est l’affaire de tous», a-t-il indiqué à la veille du coup de starter de la campagne électorale. En tout état de cause, c’est une sacrée épreuve dans laquelle vont se lancer, à partir d’aujourd’hui et pendant 21 jours de campagne, les participants pour susciter l’adhésion des populations dans un contexte marqué par la désaffection populaire pour le jeu électoral comme le témoigne le faible taux de participation enregistré lors des précédents rendez-vous électoraux, y compris ceux antérieurs au soulèvement populaire. En ce qui concerne la sécurisation du rendez-vous, la question a été abordée mardi, lors de la réunion périodique du Haut-conseil de sécurité au cours de laquelle le Président Tebboune « s’est dit satisfait des efforts consentis par les institutions de l’Etat pour assurer le déroulement du rendez-vous électoral dans de bonnes conditions », selon le communiqué de la Présidence. <