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A la veille de l’élection présidentielle, qui s’annonce indécise tant dans son déroulement que dans le résultat attendu, l’Algérie retient son souffle. A J-1, l’atmosphère reste tendue. Ce vote partage toujours les Algériens entre favorables et réfractaires. Et entretient le suspense.

Il reste particulièrement difficile à deviner qui sera élu président de la République ce jeudi. Avec une possibilité toujours de mise d’un tout aussi indécis second tour. L’appel de certaines personnalités à la sérénité et à éviter les dérapages est venu pour calmer des esprits en effervescence.
Le vendredi, lendemain du vote, étant appréhendé avec beaucoup d’inquiétude par les observateurs. Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour, Ahmed Benbitour, Ali Benmohamed, Abdelaziz Rahabi, Mustapha Bouchachi et bien d’autres considèrent le rendez-vous du 12 décembre comme « une étape parmi d’autres que le Hirak populaire traversera avec succès pour préserver son pacifisme après cette date, grâce à son degré de conscience et à son comportement civilisé » et appellent ainsi à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement malgré les divergences d’approche et des positions politiques ». L’appel est bienvenu à la veille de l’élection présidentielle qui intervient dans un contexte difficile. Les conditions du vote de la communauté à l’étranger ont suscité moult débats partageant les Algériens. L’histoire le retiendra, cette fin de campagne aura été complètement occultée par le procès qui s’est déroulé au tribunal de Sidi M’hamed. Le verdict particulièrement lourd, qui a touché certaines personnalités politiques de premier plan de la période Bouteflika, n’aura pas laissé indifférent. Le sort des deux Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal aura notamment gardé en haleine l’opinion partagée entre satisfaction et consternation.
Les lourdes condamnations touchant les deux anciens responsables politiques seront longuement commentées au sein d’une opinion travaillée par des télévisions privées qui en ont fait leur sujet phare.

Atmosphère de tension
A la veille du jour J, des interrogations restent en suspens. Comment va se dérouler cette élection présidentielle dans ces conditions de tension au sein de la société ? Qui sera le futur président de la République, successeur de Abdelaziz Bouteflika ? Les cinq candidats, qui ont eu à faire une campagne particulièrement laborieuse, devraient laisser la voix aux électeurs ou du moins à ceux qui sont convaincus du vote. La situation est tellement clivée que c’est davantage l’après-élection qui semble intéresser la majorité des Algériens que le vote lui-même de ce jeudi. La crise politique devrait ainsi se poursuivre au-delà de ce rendez-vous intervenant dans une situation exceptionnelle. Les cinq candidats en lice continuent à minima de susciter la discussion, voire la controverse. Entre ceux qui y voient l’incarnation de la continuation de l’ancien système et ceux qui y voient une voie obligée pour dépasser une crise difficile. Et les péripéties des uns et des autres sont suivies avec curiosité. L’Algérie devrait entamer ainsi une nouvelle phase de sa crise politique avec l’avènement du nouveau président. Ce dernier sera, inévitablement, l’interlocuteur d’un mouvement de contestation populaire qui semble avoir déjà engagé depuis plus de dix mois le pays dans une nouvelle phase.n