Un mois après le scandale du blé avarié, livré au port d’Alger, le ministre de l’Agriculture Hamid Hamdani a annoncé, hier, que «des mesures judiciaires attendent d’être prises» pour «situer les responsabilités de tout un chacun tant au niveau local qu’international», dans l’affaire de l’importation par l’Office interprofessionnel des céréales (OAIC) de 30 000 tonnes de blé tendre impropres à la consommation qui avait entraîné le licenciement de son PDG.
Pour rappel, c’est à la fin du mois de novembre dernier que le ministre avait limogé le PDG de l’OAIC, Abderrahmane Bouchahda, suite au scandale du blé avarié importé de Lituanie. Cette cargaison découverte au niveau du port d’Alger grâce à la vigilance des surveillants de l’OAIC, chargés du contrôle continu de l’opération et après des analyses d’un échantillon de cette cargaison, il a été confirmé que la marchandise livrée «n’est pas conforme aux clauses du contrat commercial entre l’OAIC et le fournisseur suisse».
Avant cette livraison, pourtant, l’OAIC avait fixé les conditions d’importation. Il s’agit notamment de nouvelles conditions d’appel d’offres, notamment concernant les grains endommagés par les insectes pour le blé à moudre à haute teneur en protéine».
S’exprimant, hier, à l’émission «L’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio algérienne, le ministre a par ailleurs reconnu que les différentes officines créées initialement pour servir d’appui à la production et à la gestion des produits agricoles stratégiques, se sont reconverties en centrales d’achat, amenant les pouvoirs publics à les remettre en cause et à examiner l’opportunité de créer une Autorité de régulation de l’approvisionnement des produits de large consommation soutenus par l’Etat. En précisant qu’en même temps que de s’occuper de la stabilisation du marché local, cette autorité, dont il annonce la création incessamment, devrait être chargée, entre autres missions, du suivi du marché mondial des produits tirés de l’agriculture et de l’élaboration d’un modèle national de consommation.
Pour le ministre de l’Agriculture, compte tenu de la dépendance criante de certaines productions agricoles stratégique, vis-à-vis de l’étranger, il va falloir «changer de fusil d’épaule» en développant les «énormes potentialités agricoles que recèlent les zones sahariennes, un programme d’envergure que va être chargé de piloter l’Office de l’agriculture saharienne, sur le point d’être opérationnel. A cet effet, un système de télédétection a déjà mis en évidence d’importantes superficies pouvant être réservées au développement de la céréaliculture dans ces zones, ainsi que les quantités d’eau pouvant contribuer à son épanouissement.
Il est à noter que le total des importations algériennes de blé pour expédition de la campagne de commercialisation 2020/21 a atteint 3,2 millions de tonnes. Des estimations du département de l’agriculture américain (USDA) s’attendent à environ 6,8 millions de tonnes de blé devant être importées par l’Algérie au cours de la campagne de commercialisation 2020/21.