Le Directeur du livre au ministère de la Culture a laissé entendre que le Salon international du livre d’Alger (Sila) sera organisé, cette année, sans l’ouverture des stands au public. La vente des ouvrages, a-t-il également suggéré, se ferait par l’intermédiaire d’une plateforme numérique et l’ensemble de l’évènement, le plus important du secteur de la culture dans notre pays, serait virtuel.
Pourquoi pas ? Il y a bien dans le monde des rendez-vous culturels et commerciaux similaires au Sila que la crise sanitaire mondiale a frappé d’annulation. Leurs organisateurs ont fait le minimum en proposant une édition virtuelle, juste pour respecter leurs labels et faire honneur au public en attendant des saisons meilleures. Car la symbolique d’un évènement est aussi porteuse que son déroulement réel et quand on parle d’avenir, mieux vaut ne pas l’insulter ni l’annoncer de mauvais augure…
Dans le cas algérien, où la vente par internet n’est pas encore au point ni au flux que l’on souhaite, l’organisation du Salon en ce qui concerne la vente des titres peut, par ailleurs, très bien s’organiser sans les participants étrangers autour des librairies établies ou dans des espaces que les collectivités locales peuvent concevoir et créer dans le respect des règles sanitaires nécessaires. La profession, qui a plus que jamais besoin d’audience et de visibilité en beaucoup d’endroits du pays, n’en sera que ravie à condition qu’elle soit associée dans le processus d’organisation. Les auteurs y verront aussi, certainement, une opportunité, un motif de curiosité, d’intérêt ou d’engagement – c’est comme on veut – en faveur du lecteur.
L’idée d’un Sila sorti de ses stands n’est donc pas si abstraite. Tout le problème, cependant, est que le Directeur du livre au ministère de la Culture, Djamel Foughali, ne l’a ni confirmée ni infirmée. Le concept qu’il a annoncé d’un salon dématérialisé de son public, de son décor et de son cérémoniel habituels s’est dispersé comme un projet sans lendemain. Et c’est fort dommage parce que ce n’est pas sérieux pour un Directeur du livre d’être désinvolte. Son annonce lui revient comme un boomerang en pleine face et les professionnels du secteur, éditeurs et libraires, sont, en effet, toujours en attente d’une information cohérente et complète sur l’évènement. Ne pas les tenir correctement au courant, c’est ce qu’on appelle ne pas savoir tenir salon.