Sarah Gendouz a conquis le monde du mannequinat vers l’âge de  20 ans. Elle fait partie de ces nombreuses figures qui représentent l’Algérie sur la scène internationale. Véritable muse pour le styliste Zino Touafek, elle enchaîne les shootings et les défilés depuis ses débuts au Liban. La trentaine, Sarah poursuit sa carrière, mais cette fois en explorant d’autres horizons à travers le théâtre et le cinéma. Dans cet entretien, elle nous ouvre les portes de son quotidien, où on découvre ses rapports avec sa terre natale, ainsi que ses ambitions.

Reporters : En analysant votre parcours, nous avons retenu votre étroite collaboration avec Zino Touafek. Quels sont vos liens ?
Sarah Guendouz : Zino Touafek a fait de moi sa muse. C’est simple, il a cru en moi comme j’ai cru en lui et, ensemble, on a fait notre bout de chemin dans la mode jusqu’à aujourd’hui. Il y a dix ans, on rêvait dans un café oranais. La vie nous a montré par la suite que nous sommes en train de concrétiser de belles choses. Je suis la muse de Zino Touafek et je le serai pour la vie, car lui aussi, est l’une de mes sources d’inspiration. 

Peut-on dire que la consécration de ce rêve a commencé lorsque vous avez débarqué en France ?
Après deux ans au Liban, je suis arrivée en France où mes parents étaient déjà installés. Une fois sur les lieux, j’ai décroché le poste de mannequin cabine chez Rabih Kayrouz. C’était une expérience qui a duré trois ans, où j’ai alterné entre la haute couture et le prêt-à-porter de luxe. Cela  m’a ouvert les portes sur de nouveaux horizons.

Vous avez voulu faire du mannequinat depuis toujours ?
Je ne l’ai pas choisi, c’est plutôt ce métier qui m’a choisie. Enfant, je portais les stilettos de ma mère, je prenais de l’assurance en défilant toute seule face au miroir. Dans mon inconscient, je me disais une fois grande,  je défilerais sur les podiums.

Vous êtes comédienne également. Shooting, défilés et répétitions animent votre quotidien. Comment arrivez-vous à vous organiser ?
Je suis actuellement en freelance. Il faut dire que  je consacre tout mon temps à ma carrière. Je suis une personne organisée, j’étudie les propositions qui me sont envoyées. Des castings dans le domaine du mannequinat, du théâtre et du cinéma. Mon exigence me pousse à être de plus en plus sélective.

Quel a été le moment le plus dur dans votre parcours en sachant que cela fait dix ans que vous avez quitté le pays ?
Quand j’ai quitté l’Algérie, en 2009, le destin m’a emmenée à Beyrouth, la première ville qui m’a ouvert les portes, pour entamer ma carrière. J’étais seule mais jamais perdue. Car j’avais mes objectifs bien définis et ma forte volonté de surpasser les obstacles. Ainsi, j’ai décroché mon premier contrat dans une chaîne libanaise et, par la suite, il y a eu des shootings et des publicités dans le milieu de la mode et du show-biz.

Vous faites aussi un énorme travail pour rester aussi svelte et fine…
Je n’ai pas de secret particulier, je vis sainement et simplement. Je suis en paix avec moi-même et cela m’aide à entretenir mon corps et mon esprit. Sinon, je pratique la boxe anglaise et la natation pour avoir un mental de fer.  

Vous vivez entre deux pays, deux rives. Quels sont vos rapports avec l’Algérie ?
Je suis née en Algérie, mon pays qui vit en moi. Ma patrie qui a écrit les toutes premières lignes de ma vie, et qui m’a donné la force de voler ailleurs. Cette force que seuls les Algériens peuvent comprendre.

En parlant de notre société, pensez-vous qu’on peut à la fois réussir et combattre les carcans traditionalistes ?
Notre société avec tous ses paradoxes m’a forgée, elle m’a rendue forte, m’a encouragée et poussée à rêver de réussite.  Ma bonne volonté a été mon arme de combat pour avancer et voir mes rêves se réaliser jour après jour.

Comment vos parents, vos proches ont accueilli votre choix par rapport à votre travail ?
Je suis née dans une famille qui a toujours cru en moi et qui m’a donné la chance de choisir ce que je veux dans ma vie. A vrai dire, mes parents n’ont jamais été un obstacle pour mon évolution personnelle et professionnelle.

Quelle est la prochaine étape  dans votre carrière ?
Avant, j’étais en free-lance, maintenant, je me suis engagée avec une agence.  On travaille sur des castings et des publicités,  mais je garde la porte ouverte pour les défilés et tout ce qui a un rapport avec le monde de la mode. Je me suis découverte dans le stand up, où j’ai écrit mon premier sketch. Des professionnels m’ont encouragée à continuer à écrire incessamment. Cela a abouti à un scénario, il s’agit d’un film que je laisse mûrir pour l’instant.  

Dernière question, quelles sont  vos inspirations dans ce monde du mannequinat ?
Cindy Crawford, Naomi Campbell et Christy Turlington Burns.