Le Conseil des ministres, réuni samedi, a pris une série de mesures touchant au secteur de la santé publique qui connaît, depuis des années, une situation difficile. Les mesures prises concernent la sécurité du personnel médical, le manque de médecins, notamment au Sud dans les Hauts-Plateaux, l’importation de médicaments, la lutte contre l’envenimation scorpionique et autres.
En ce qui concerne le phénomène de la violence dans les établissements de santé publique, le Président de la République a demandé la prise de mesures, notamment la contractualisation avec des sociétés privées afin de garantir la sécurité des personnels et des infrastructures de santé. Sur la surcharge des hôpitaux de la capitale, le président a ordonné l’accélération de la réalisation d’un hôpital d’une capacité de 700 lits à Alger devant alléger la pression sur les établissements hospitaliers en place, insistant sur l’impératif de hâter la numérisation du secteur afin d’améliorer les prestations.
Dans le domaine de la couverture sanitaire au niveau des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, le ministre de la Santé a présenté un plan qui prévoit, notamment le développement et le renforcement des programmes spécifiques aux wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, à savoir les programmes de lutte contre les MTH, la leishmaniose cutanée, l’envenimation scorpionique, le trachome, le paludisme et autres maladies à transmission vectorielle, la création d‘un observatoire des maladies tropicales à Tamanrasset et le développement des capacités d’intervention des équipes médicales fixes et mobiles dans le domaine de la détection précoce et de la riposte rapide aux phénomènes épidémiques ainsi que l’amélioration des conditions et des mesures incitatives pour les professionnels de santé au niveau des régions du Sud et des Hauts-Plateaux.
Estimant que les services d’urgences et d’obstétriques sont le maillon faible du système sanitaire, M. Tebboune a appelé à une réorganisation du secteur et à des mesures pratiques en matière de formation de médecins urgentistes et de paramédicaux, en plus de l’encouragement de ces médecins à travers des incitations appropriées dont la nature n’a pas été révélée par le communiqué de la présidence de la République. Par ailleurs, le Président de la République a souligné l’importance d’alléger les services des urgences en encourageant le recours aux polycliniques de proximité, outre la mise en place de mécanismes de consultations pour éviter les déplacements inutiles aux urgences. Dans ce contexte, le Président de la République a mis en garde contre le refus d’admission des femmes enceintes juste avant l’accouchement par n’importe quel service médical.
Soulignant l’impératif du dépistage précoce des maladies gériatriques, chroniques et des cancers, le Président Tebboune a relevé l’impératif d’une réflexion sérieuse sur la problématique du service civil et de mesures incitatives, en accordant la priorité à la formation de médecins du Sud pour pallier définitivement le manque de spécialistes dans cette région du pays. Il a souligné l’impératif de réduire la facture d’importation des médicaments en encourageant la production locale et en soumettant les produits pharmaceutiques importés à la certification pour la protection de la santé des citoyens.
Pour rappel, les organisations syndicales du secteur de la santé publique ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’état de leur secteur.