A l’instar des autres pays  du monde, l’Algérie a célébré, hier, la Journée mondiale de lutte contre le diabète.  Une occasion pour le ministère de la Santé de lancer un message dans lequel il a invité toute la population à se mobiliser pour se faire dépister dans les différents sites prévus à cet effet.

Placée sous le thème «Le diabète concerne chaque famille, vous pouvez le prévenir dans la vôtre», cette manifestation, organisée par le ministère de la Santé, à l’hôtel El Aurassi d’Alger, avait pour objectif de sensibiliser la population sur les méfaits du diabète et surtout parler de la prévention en luttant contre les facteurs de risque modifiables tels que le tabagisme, la sédentarité et l’alimentation non équilibrée. Intervenant lors de cette rencontre, Merzak Gharnaout, chef de Cabinet du ministre de la Santé, représentant du ministre, a estimé qu’un «tiers des personnes souffrant de cette maladie, dont le nombre de cas explose, ne le savent pas. Or, un diagnostic tardif peut entraîner de graves complications». Lisant le message du premier responsable du département, il indiquera que «le dépistage est gratuit pour toutes les personnes qui souhaitent connaître leur état sanitaire», soulignant que «le ministère organise des campagnes pour connaître les cas diabétiques, des pré-diabétiques et les personnes à risque». Dans ce cadre, la même responsable a rappelé, qu’en 2016, le ministère de la Santé a lancé une enquête nationale sur la mesure des facteurs de risque des maladies non transmissibles, selon l’approche STEP Wise de l’OMS, expliquant que «l’enquête a été menée auprès des ménages par l’Office national des statistiques, qui consiste à interviewer la population âgée de 18 à 69 ans révolus en deux passages, avec le renseignement d’un questionnaire, un examen physique et un bilan sanguin». Ainsi, 6 989 personnes, dont 3 907 femmes, ont été enquêtées. Statistiquement, 26 nouveaux cas de diabète de type 1 par an sont décelés chez les personnes de moins de 20 ans. Cependant, au cours de cette journée, aucun chiffre officiel sur le nombre des diabétiques n’a été communiqué. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que l’Atlas du diabète, publié en novembre 2017, qui est la source de référence la plus récente, indique que près de deux millions de personnes sont atteintes de diabète en Algérie. Le document publié par la Fédération internationale du diabète (FID) révèle dans son Top 10 des pays en nombre de nouveaux cas de diabète chez les enfants et les adolescents (0-19 ans), que l’Algérie se classe à la sixième place. Dans le Top 10 des pays/territoires en nombre de nouveaux cas de diabète de type-1 (enfants et adolescents), notre pays se place à la huitième place. A l’échelle mondiale, près d’un demi-milliard de personnes souffrent actuellement de cette maladie.

Plus de 5 000 cas à Alger

Sur le seul territoire de la capitale, 5 529 nouveaux cas de diabète ont été enregistrés entre janvier et septembre 2018. Ces cas ont été enregistrés au niveau des dix Etablissements publics de santé de proximité (EPSP) que compte la wilaya d’Alger. «Le nombre de nouveaux cas de diabète enregistrés à travers les dix EPSP (…) s’élève à 5 529 nouveaux cas, suite à des examens médicaux préliminaires de plus de 144 700 personnes, contre 5 947 cas durant la même période de l’année précédente», a indiqué, lundi dernier, le Dr Bourkich Zekagh Nadia, chef du service des activités sanitaires et des produits pharmaceutiques à la direction de la santé. Ainsi, 2 421 nouveaux cas ont été enregistrés chez des personnes de sexe masculin, alors que 3 108 sont des femmes. La majorité écrasante de ces nouveaux cas, soit 4 877 sont atteints d’un diabète non insulino-dépendant (type-2), alors que les 747 cas restants sont insulino-dépendant (type-1).
Les services de la direction de la santé d’Alger ont enregistré 8 348 nouveaux cas de diabète durant l’année 2017, dont près de 5 026 chez les femmes et 3 322 chez les hommes.