La colère qui gronde depuis plusieurs mois dans les rangs des professionnels s’est traduite, hier, par l’annonce d’une grève générale, le 7 avril prochain, et ce, dans communiqué cosigné par le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaire (Snechu), le Syndicats national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).

Par Sihem Bounabi
Ainsi, « au cours d’une réunion regroupant les trois syndicats, il a été décidé la tenue d’une journée de grève nationale le 7 avril 2021 comme première action de protestation », annoncent dans le communiqué les trois syndicats, précisant que « d’autres actions seront entreprises en cas de non-satisfaction de nos revendications ».
Dr Lyes Merabet, président du SNPSP, a déclaré hier à Reporters : « Nous avons choisi symboliquement la date du 7 avril, car c’est la Journée mondiale de la santé, pour dire qu’il y a une situation de ras-le-bol, de déception et de mécontentement des professionnels de la santé dans leur ensemble.» En effet, dans le communiqué, les trois syndicats dénoncent la non-concrétisation des promesses du Président Abdelmadjid Tebboune concernant la « restructuration totale du système national de santé », formulées en avril 2020, ainsi que le non-respect de ses engagements concernant les mesures d’encouragement en termes de primes au profit des professionnels de la santé dans le cadre du dossier Covid.
Tout en se désolant qu’« aujourd’hui, le constat est amer. Aucune perspective », les syndicats précisent qu’après une année de lutte continue contre la pandémie Covid-19, « le personnel de la santé, épuisé, tous corps confondus, est déçu de la non-concrétisation sur le terrain des différentes directives du président de la République concernant l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi que la situation socio-économique». Il mettent ainsi en exergue le fait qu’« aucune de ces mesures n’a vu le jour ; pire encore, même l’octroi de la prime d’encouragement prodiguée par le plus haut responsable de l’Etat comme mesure incitative est gelée depuis le mois de septembre 2020 ». Ajoutant que « l’inflation galopante a totalement érodé le pouvoir d’achat des soignants entraînant la détérioration de leur niveau de vie ».
Exprimant leur déception, les syndicats de la santé déplorent qu’« au moment où nous espérions que toutes les revendications de nos adhérents, pour lesquelles nous militons depuis des années, soient concrétisées, surtout après tous les sacrifices depuis le début de la pandémie, voilà qu’à notre plus grande déception nous nous retrouvons au point zéro ».
Le président du SNPSP affirme, également que « cette journée de protestation, n’est qu’un début, il est clair que nous espérons que la situation va bouger dans le bon sens et concrètement », en martelant que « si ce n’est pas le cas, on est convaincus qu’il faut aller accentuer la protestation et mettre la pression à son maximum».
Ainsi, le syndicat de la santé aspire à travers cette action de protestations que les plus hautes autorités de l’Etat se penchent sur les trois principaux dossiers qui traînent en longueur au niveau du ministère de la Santé. Le premier dossier concerne la situation socioprofessionnelle des différents corps, le deuxième, celui du Covid, dont les décisions n’ont pas été concrétisées sur le terrain, et le troisième, celui des entraves à l’activité syndicale.
Finalement, à travers cette journée de grève générale annoncée pour le 7 avril prochain, Lyes Merabet confie que « les syndicats de la santé espèrent que les plus hautes autorités du pays et le Président de la République puissent être informés de ce qui se passe sur le terrain et du pourrissement de la situation à cause de ceux qui refusent d’appliquer les décisions du Président de la République, afin qu’ils puissent intervenir et que les problèmes posés puissent trouver une solution ».