Les hôpitaux font face à des pénuries fréquentes de médicaments et produits pharmaceutiques, ce qui est largement vérifié dans tout le territoire national, a d’emblée fait savoir, hier, Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), qui a tenu une conférence de presse.

Ce dernier a comptabilisé 28 produits en rupture. « Il s’agit, entre autres, de vaccins, de seringues, de coton salivaire, de masques à oxygène, de clichés pour radio numérisée… », indique-t-il. Pour remédier à ce manque, « les établissements de santé s’échangent entre eux des produits pour assurer le service aux patients », a encore dit M. Merabet. Et de s’interroger d’ailleurs comment le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, « peut parler d’exportation de produits pharmaceutiques vers onze pays africains alors qu’on peine à couvrir les besoins des hôpitaux algériens ». Aussi, pour lui, l’accessibilité aux soins n’est pas « évidente » pour les citoyens. Cela s’explique, analyse-t-il, par le « dysfonctionnement remarqué au niveau des structures de santé qui souffrent de déséquilibre dans la répartition de la ressource humaine ». Dans ce contexte, le SNPSP appelle le président de la République à créer d’un « haut conseil de la santé » attaché directement à la Présidence. « Le système de santé est un ensemble de secteurs qui travaillent en symbiose. Le conseil pourra travailler sur l’évolution du système de soins », a précisé M. Merabet. Sur un autre volet, le président du SNPSP rappelle que l’Intersyndicale va observer, le 25 février prochain, un sit-in de protestation à Tizi Ouzou. Il a insisté, en effet, sur la nécessité de « préserver l’unité syndicale» parce que l’Intersyndicale, qui comprend une dizaine de syndicats autonomes, a été créée suite à une situation conjoncturelle, mais qui « peut disparaître si les principales revendications de ce mouvement sont satisfaites ». L’occasion, par ailleurs, pour le syndicat d’exprimer « sa solidarité et son soutien indéfectible aux étudiants en pharmacie et chirurgie dentaire » en grève. « Arrêtez de renvoyer toute action syndicale ou grève d’étudiants à la fameuse ‘main étrangère’ ou à une volonté de déstabiliser le pays », a martelé M. Merabet. « Les responsables qui n’ont pas honoré leurs engagements et ne traduisent pas sur le terrain les revendications exprimées amènent les étudiants à sortir dans la rue. C’est leur irresponsabilité qui est indirectement derrière les mouvements de grève des étudiants », dénonce-t-il. « Les revendications des étudiants d’aujourd’hui sont presque les mêmes que celles du mouvement de 2011. Donc, la responsabilité incombe aux responsables qui n’ont pas respecté leurs engagements et n’ont pas tenu leurs promesses ». D’autre part, M. Merabet a lancé un appel aux autorités compétentes afin de considérer la médecine générale comme étant une spécialité distincte, comme elle l’est ailleurs. A cet effet, il appelle à l’application du décret 97-291 datant de juillet 1997 qui réglemente l’organisation, par le ministère de l’Enseignement supérieur, de concours périodiques de « certificats d’études spécialisés » pour les praticiens de santé publique. Mais, poursuit M. Merabet, « aucun concours n’a eu lieu », regrettant que « certaines spécialités ne sont pas ouvertes aux citoyens lambdas et que le gouvernement opte pour des solutions de facilité en important des médecins de l’étranger ».