Le secteur de la santé est en proie à de sérieuses perturbations. Après les aides-soignants et les auxiliaires anesthésistes, les fonctionnaires de la santé publique brandissent, à leur tour, la menace de la contestation dès la deuxième quinzaine du mois courant, afin d’aboutir à la satisfaction de leurs revendications. Le type d’action sera arrêté d’un commun accord après la tenue du conseil national du Syndicat national des fonctionnaires de la santé (Safap) qui aura lieu dans les prochains jours, apprend-on du coordinateur national du Syndicat, Badre Eddine Koulaïbi.
«Nous allons inéluctablement vers une grève nationale. Le conseil national décidera d’une date pour le débrayage après concertation», explique M. Koulaibi qui accuse le département de Abderrahmane Benbouzid d’ignorer les revendications du syndicat sous prétexte de la situation épidémique du pays. «Nous avons envoyé des correspondances au ministère de la Santé, la dernière date d’une semaine. Nous avons également demandé audience au ministre de tutelle, mais sans suite», regrette le coordinateur national du Safap pour qui les syndicats restent un partenaire social par excellence, «d’où l’importance de leur association dans la concertation et dans la prise de décisions».
Selon lui, c’est pour ces raisons qu’«il faut aller vers un débrayage afin de faire valoir notre plateforme de revendications», expliquant que le Safap n’a pas voulu provoquer des «situations ingérables et indésirables, notamment pour les malades dans ce contexte de crise sanitaire», a-t-il ajouté. Il explique que les revendications du Safap concernent tout l’effectif médical et l’ensemble des corps communs du secteur de la santé. «La situation de crise sanitaire que traverse le pays nous a obligés de surseoir à toute forme de protestation pour ne pas pénaliser les patients et éviter toute confusion et anarchie du secteur», a-t-il indiqué. Le syndicat réclame entre autres la révision du statut particulier des corps communs ainsi que celle de la grille des salaires et du régime indemnitaire. Cette organisation syndicale appelle à la suppression de toute forme d’exclusion et de discrimination d’ordre salarial et exige de sortir de la Fonction publique.
Le syndicat, qui compte 90 000 adhérents, reproche au ministre de tutelle de se contenter de suivre, depuis plusieurs mois, l’évolution de l’épidémie de coronavirus dans le pays et d’ignorer les fonctionnaires du secteur. Le Safap souhaite ainsi, l’intervention du président de la République pour la satisfaction de leurs revendications, l’évolution et l’émergence du secteur de la santé.