Les fonctionnaires de la santé publique ont observé, hier, un sit-in national de protestation pour le deuxième jour consécutif, à l’appel de la Coordination nationale des fonctionnaires de la santé.
Le syndicat a observé, en effet, dimanche et lundi un sit-in pendant une demi-heure à l’intérieur des structures de santé. A l’issue de cette action, la Coordination des fonctionnaires de la santé, qui exerce sous l’égide du Syndicat autonome des fonctionnaires de la santé publique (Safap), a fait une évaluation plutôt « satisfaisante » de l’action de protestation qu’elle estime à 69%. « Notre action, qui revêt un caractère de revendications socioprofessionnelles de l’ensemble des corps communs du secteur de la santé, a connu une large adhésion dans les structures hospitalières du pays avec un taux de suivi de 69% ».
Le syndicat rappelle que les personnels de la santé publique se sont pleinement investis dans la lutte contre la pandémie de coronavirus au détriment de leur vie, leur famille et leurs droits, citant le nombre important de professionnels de santé emportés par la Covid-19.
Le coordinateur national du syndicat, Badreddine Koulaïbi, accuse la tutelle d’ignorer les revendications du syndicat et de « se consacrer uniquement » au suivi de l’évolution de la situation épidémique, reléguant au second plan les revendications socioprofessionnelles des travailleurs. Une situation qui n’a pas été du goût des travailleurs du secteur, particulièrement de ce syndicat, qui compte 90 000 adhérents. Cette structure syndicale avait prévu une grève qu’elle a, par la suite, annulée pour se contenter de sit-in de protestation en raison du « contexte sanitaire, sécuritaire et des menaces extérieures qui pèsent sur la stabilité du pays ». Et pour ne pas provoquer de « situations ingérables et indésirables » notamment pour les malades dans ce contexte de crise sanitaire, le syndicat a décidé à cet effet de surseoir à toute action de grève pour ne pas pénaliser les patients et éviter toute confusion et anarchie du secteur.
Il y a lieu de préciser que le syndicat réclame principalement la sortie de la Fonction publique, la révision du statut particulier des corps communs, ainsi que la révision de la grille des salaires et du régime indemnitaire. Cette organisation syndicale réclame également le droit au départ à la retraite anticipée.
Le Safap, qui souhaite l’intervention du président de la République pour la satisfaction de sa plateforme de revendications, appelle, par ailleurs, le ministre à prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la paralysie d’un secteur aussi sensible.