Par Milina Kouaci
Comme prévu, trois syndicats de la santé publique ont organisé, hier, une journée de grève dans les établissements de santé du territoire national. Il s’agit, en effet, du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), ainsi que du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).
Une grève qui a connu un «franc succès», selon le président du SAP, Ghachi Lounès. «Nous sommes satisfaits de la mobilisation du personnel de la santé qui a répondu à l’appel de grève», poursuit le président du SAP, qui n’avance toutefois pas de taux de suivi du mot d’ordre. «Le but derrière l’action de grève d’aujourd’hui n’était pas de calculer un taux de suivi, mais d’attirer l’attention des autorités sanitaires sur des revendications socioprofessionnelles dont certaines sont en suspens depuis deux décennies», clame Ghachi Lounès.
Une journée de grève qui a été d’ailleurs maintenue, en dépit de l’annonce du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, la veille, que le versement de la prime Covid-19 au personnel soignant se fera «rapidement». Le personnel médical et paramédical, d’après le président du SAP, n’a pas reçu la prime Covid depuis trois trimestres. Mais pour notre interlocuteur, «ceux qui s’attendaient à ce qu’on suspende ou annule notre mouvement de grève n’ont pas compris pourquoi les trois syndicats ont décidé de renouer avec la grève». Il explique dans ce sens que la prime Covid-19, instituée par le Président de la République, afin d’encourager les soignants en première ligne dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, n’était qu’un point d’une plateforme de revendications. «On ne peut omettre la réforme hospitalière et les revendications socioprofessionnelles des travailleurs du corps médical et paramédical», ajoute M. Ghachi indiquant que le partenaire social «réclame la réforme hospitalière depuis plus de vingt ans», tout en regrettant que cet appel soit resté «malheureusement sans écho».
Le président du Syndicat des paramédicaux estime que le secteur de la Santé est en crise. «Nous exigeons de remédier à cette situation. Les autorités compétentes doivent trouver une solution pour tous ces problèmes et les problèmes socio-professionnels», et ce, en rappelant les promesses du Président Tebboune, en avril 2020, qui annonçait des mesures de «restructuration totale» du système national de santé et «l’amélioration» des conditions de travail du personnel de la santé. Les protestataires dénoncent, par ailleurs, le non-versement du capital décès lié à la Covid-19 d’un million de dinars aux familles du personnel soignant. Ils réclament également une couverture à 100% de l’assurance maladie et la bonification de la retraite pour le personnel de la santé engagé directement dans la lutte contre la pandémie.
«Les trois syndicats ont convenu de se réunir pour décider des actions à entreprendre en cas de non-satisfaction de nos revendications», souligne Ghachi Lounès.
Solidarité des libéraux
Le Syndicat national des médecins libéraux (SNML) a exprimé, hier, son soutien à l’action de grève de l’Intersyndicale de la santé (Snpsp, SAP et Snechu). «Le SNML, convaincu de la justesse des revendications de l’Intersyndicale de la santé, prend acte de la non-concrétisation de ses revendications légitimes et exprime clairement son soutien aux actions retenues pour faire valoir ses droit», écrit le syndicat dans un communiqué rendu public.
Il y a lieu de rappeler que le ministre de la Santé a estimé, mardi, que les revendications des syndicats protestataires étaient «tout à fait légitimes». n